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Culture

Khar Mbaye Madiaga : "Ceux qui pratiquent la piraterie sont très subtils"

25 Août 2004 12:10 heure de Dakar

L'évocation de son nom suscite bien des émotions : Khar Mbaye Madiaga. De son vrai Adja Fatou Mbaye, cette diva a accompagné, par sa voix magique, toutes les générations des lutteurs. C'est dans les années 40, alors qu'elle n'avait que 13 ans, que la cantatrice a imposé ses marques et fait l'unanimité. Ces chansons ont le génie de conjurer le mauvais sort dans l'arène (Karro yalla) mais aussi le don de galvaniser les lutteurs (luttez sinon les femmes le feront à votre place). Son souci est de faire entendre "l'appel des arènes" pour que les spectateurs y tirent le maximum de satisfactions. Son tic, rèajuster son foulard. Sa particularité, elle ne se maquille "jamais"… Entretien

Sentoo : Parlez nous de votre enfance.
Khar Mbaye  : Mon enfance, je l'ai passé avec mes grands-parents. Ils m'amenaient partout où ils allaient et je chantais avec eux.

Donc pendant votre enfance vous n'avez fait que chanter  ?
C'est une activité que j'ai héritée de mes grands parents. Et j'y ai mis le sérieux et l'abnégation qu'il fallait. J'ai aussi pris la peine de les maîtriser, Dieu merci.

Quel est votre parcours ?
C'est un long parcours. En fait, je n'ai évolué que dans les chansons. Cela m'a fait découvrir beaucoup de pays.

Lesquels, par exemple  ?
Ils sont nombreux. Mais, retenons que j'ai été au Canada, en Algérie, en France, n'en parlons pas. Je reviens tout recemment des Usa et c'est là bas où j'ai fait cette photo (elle pointe du doigt son portrait accroché au mur), j'ai été en Allemagne. Bref, j'ai fais tous ces pays et bien d'autres. En Afrique aussi j'ai été dans toutes les grandes capitales : Abidjan, Kinshasa (c'est là où vivait mon mari et mon fils aîné y est né. Il est maintenant militaire). Le Gabon, j'y suis allé à trois reprises.

Vous avez d'autres enfants  ?
Oui, j'en ai sept par la grâce de Dieu !

Qu'est ce que vous a le plus marqué dans votre enfance ?
(Elle réfléchit un peu). Je sais que je chantonnais beaucoup et que cela me prenait du temps car, je m'y investissais beaucoup.

Autre chose qui vous a marqué au-delà de votre personne ?
Beaucoup de choses. Le monde évolue et notre temps est bien différent de ce que nous vivons actuellement!

A quel niveau est la différence  ?
A notre époque, nous respections les autres, l'on se souciait également de l'appréciation que les uns et les autres pourraient avoir de nous. Et l'on défendait, très farouchement, notre culture. Jusqu'à présent quand je porte mes habits, ça déborde. N'empêche l'on se faisait toujours remarquer.

Et maintenant vous pensez que les jeunes ne respectent plus leurs cultures ?
Oui, ça reste toujours. c'est peut être parce que comme l'on dit «  autres temps, autres mœurs ». Mais nous, ce que nous faisions, vous ne le faites plus.

En entrant dans l'appartement nous avons vu le portrait de Serigne Babacar Sy. Qu'est ce qu'il représente pour vous ?
Serigne Babacar, je l'adore. A part Dieu et mes parents, c'est lui. Il m'a béni, alors que je n'avais que 13 ans. Ce qu'il m'avait dit s'est révélé. En fait il a prié pour moi en me disant « que ton nom résonne de partout et que tu sois connue ». Je rends grâce à Allah.

Peut-on savoir à quel âge vous avez, vériblement, débuté votre carrière  ?
Je devais avoir entre 12 et 13ans. D'ailleurs, en ce temps-là, il me fallait monter sur une chaise pour atteindre le micro. J'ai commencé avec mon oncle qui animait, au temps, des séances de faux lion à Rufisque.

De l'animation des séances de faux-lions à l'animation de séances de lutte, comment s'est opéré ce changement ?
En fait, je suis née dans la lutte. Quand on parle de lutte c'est par la grâce des lébous. C'est dans les mbappath que les lutteurs se révèlent avant de se retrouver dans l'aréne. Et c'est dans cet environnement que j'ai grandi. Donc, il ne pouvait pas en être autrement.

Comment expliquez-vous votre succès ?
Je me suis imposée dans le milieu. En plus de mes atouts naturels, j'ai récréé les chansons et je les ai fais miennes.

Quels sont les lutteurs qui vous ont le plus marqué ?
En fait, ils sont nombreux, autrefois, il y'avait, par exemple, Becaye 3 que l'on surnommait «  Seuf ». Maintenant, tous les lutteurs sont bons. Tenez par exemple Moustapha Guèye, c'est mon ami, au delà de tout.

Y a-t-il des différences dans la manière ancienne de lutter et celle d'aujourd' hui ?
Dans la pratique, peut être. Autrefois, les lutteurs mettaient du piment au bout des ongles et à la moindre occasion, ils le mettaient dans les yeux de leurs adversaires. Donc, en ce temps là, c'était dur. La génération d'aujourd'hui n'a pas vécu cela mais pratiquent, plutôt comme qui dirait, de la boxe. Et puis, dés lors que l'on trouvait autre chose de mieux, on laissait tomber la lutte mais maintenant, les jeunes y font carrière.

Où trouvez- vous votre inspiration ?
L'inspiration me vient de partout. Cela peut être chez un oiseau volant tout comme chez un petit enfant qui joue. C'est pourquoi, je suis toujours avec ça ( elle sort un petit enregistreur et nous le montre). Si l'inspiration me vient, j'enregistre et je développe ça plus tard.

Quelle est votre chanson préférée dans votre propre répertoire  ?
Celle dédiée à Serigne Babacar Sy.

A part chanter dans les arénes, avez vous fait autres choses  ?
J'ai été pendant 38 ans à Sorano et j'ai été, pendant trois ans, directrice de l'assemblée instrumentale. En fait, c'est moi qui avais demandé de partir. Néanmoins, s'il y a de grandes manifestations, on fait appel à moi et j'y vais tout naturellement.

C'était quand ?
Ça date maintenant. Ce doit faire maintenant (hésitations) 25 ans. C'était au temps de Honda (Ndlr: compétition organisée par la fameuse marque de voiture et qui mettait en lice 21 concurrents).

Rappelez-nous comment c'était passé "Honda" ?
C'était une compétition. C'est mon oncle Assane Touré qui m'avait inscrit. Nous étions 21 concurrents et c'est moi qui avais la chance de remporter le trophée. J'étais la première, Ndiouga était deuxième et Ndiaga Mbaye, troisième.

Quelle était la nature de la distinction  ?
On devait me donner une Honda mais, au dernier moment, on l'a échangé en argent.

Vous n'avez fait que Sorano ?
Il n'y avait que Sorano pour évoluer. Mais moi, j'étais aussi bien dans le troupe théâtral que dans l'ensemble lyrique. En même temps je faisais du ballet. Sinon, il y avait également le Théâtre du palais. Là, j'ai évolué avec Fatou Ndiambé, Abdoul Mama Diouf, Doudou Ndiaye Rose … C'est après avoir donné naissance à mon fils aîné que je suis allée à Sorano.

Le Théâtre de palais, c'était en quelle année  ?
Je ne sais plus. Ça date de longtemps. Le théâtre de palais occupait l'actuel site de la Bceao (Ndlr : Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest).

Aviez-vous participé au Festival des Arts Nègres organisé par Senghor ?
J'y ai participé. D'ailleurs, j'avais même chanté.

En ce moment de l'histoire du Sénégal, qu'est ce que vous aviez le plus marqué ?
En ce moment, j'étais au plein de ma force et je me rappelle d'ailleurs qu'après chacune de mes sorties, ce sont des policiers qui m'escortaient.
J'ai aussi rencontré beaucoup d'autorités du continent : Sékou Touré, Houphouët Boigny, Bokassa, Modibo Keïta… . Eux tous, je les ai rencontrés chez eux avec l'appui de Badou Mbengue. A chaque fois, c'est lui qui me remettait les invitations.

Qui était Badou Mbengue pour vous aider à rencontrer tous ces grands de l'Afrique ?
Badou était Maire de Rufisque, il a également été nommé, à deux reprises, Ministre de la Justice…

Il était homme politique ?
Oui, il soutenait le président Senghor. Il était aussi Secrétaire politique, membre de bureau politique… C'était une véritable personnalité.

Donc vous avez fait de la politique ?
Oui et je le soutenais.

Et maintenant où en est votre militantisme ?
Je suis toujours active.

Et vous êtes dans quel parti ?
Je soutiens Mbaye Jacques Diop ( Ndlr : actuel président du Conseil de la République, par ailleurs membre de Parti Démocratique Sénégalais).

Votre nom est Fatou Mbaye, d'où vient le sobriquet de Khar Mbaye Madiaga ?
Cela est lié à ma tradition de griot. Nous les griots, nous avons deux prénoms. Cela s'explique par le fait que celui qui donne le mouton du sacrifice est différent de celui que le père choisit. Qui d'ailleurs doit être proche de lui. C'est comme ça que je me suis retrouvée avec mes deux prénoms Fatou Mbaye Madiaga dite Khar Mbaye Madiaga.

Pensez-vous à quelqu'un pour votre relève ?
Oui, deux de mes enfants (Tidiane Ndiaye et Maguette Fall) et une autre qui porte mon nom. D'ailleurs, ils font bientôt mettre le marché un produit.

C'est vous qui les encadrez ?
Tout à fait.

Pensez vous arrêter définitivement  ?
Non j'y pense pas. En fait, notre société est structurée de sortes que je ne peux pas arrêter de chanter. En fait, je suis griot et à chaque fois mes nobles ont des manifestations, je chanterai pour eux tant que je serai en vie. Je ne pense pas arrêter mais j'encadre toujours mes jeunes.

Quand vous chantez dans les arénes, on sent une force chez les lutteurs, comment expliquez-vous cette puissance de vos chansons ?
Il y a deux choses : soit je maîtrise leurs grand-parents soit la chanson fétiche des arénes ( Ndlr : allusion à la chanson : « battez-vous sinon les femmes le feront à vos places »). La plupart du temps, j'utilise même pas leurs arbres généalogiques, je me contente seulement de ma formule provocatrice. La lutte, ce n'est pas pour une femme et dés que l'on dit à un homme fait le sinon, une femme le fera, croyez moi, il se gonfle à bloc.

Quelles sont vos qualités ?
Je me contente toujours de ce que j'ai. Je respecte les autres. Je tiens à mes promesses, je pratique ma religion comme il se doit.

Vos défauts  ?
Je ne tolère pas les mensonges.

Qu'est ce qui vous gêne chez les autres ?
L'égoïsme et l'intolérance qui gangrènent notre société.

Votre plat préféré  ?
Du couscous avec viande de bœuf, du riz au poisson mais pas n'importe quel poisson (rire). Pendant l'hivernage, j'aime bien mangé du riz au niébé ( haricot local).

Votre couleur préférée ?
Noire, malgré ma noirceur d'ébène. J'aime aussi le marron et le bleu. Le blanc, je ne l'utilise qu'à la maison pour mes prières.

Comment passez vous votre journée  ?
Après mon réveil, je prie et je me recouche jusqu'aux environs de dix heures et puis, je prends mon petit déjeuner. Après cela, je ne fais rien de spécial.

Quels sont vos rapports avec les autres artistes ?
Nous avons de bons rapports. Je suis leur aînée et ils me respectent tous. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux sont des parents à moi : Thione et Mapenda sont mes cousins. Aline Mbaye Nder, de même. Bref, c'est la même famille. C'est aussi de bons rapports avec Baba Mall tout comme avec Youssou Ndour et les autres artistes.

La piraterie est de plus en plus manifeste dans le milieu artistique. Que pensez-vous de ce phénomène ?
Je pense que les artistes qui s'adonnent à ses pratiques n'honorent pas la profession. Plus, je dirai qu'ils ne sont pas dignes d'être considérés comme des artistes. Quand on parle d'artiste, c'est surtout pour sa capacité à créer des chansons. Mais quand on est doué à récupérer les chansons des autres, sans avoir l'honnêteté de citer l'auteur, là, on est autre chose qu'artiste ! Qu'on se dise la vérité, ce n'est pas possible de vouloir sortir une cassette tous les deux ou trois mois . C'est ce que beaucoup d'artistes font maintenant. Et c'est ce qui explique leur utilisation abusive des chansons des autres

Quand des artistes reprennent vos textes, vous recevez, tout de même, vos droits d'auteur ?
Oui. Et là, c'est l'occasion pour moi de rendre hommage à la directrice du Bsda. Elle nous encadre, nous oriente et nous aide à recevoir nos droits. Le problème avec les droits d'auteur c'est que ceux qui pratiquent la piraterie sont très subtiles. En fait, si par exemple, ils utilisent ma chanson, au lieu de tout prendre, ils prennent une partie et changent le reste par leurs propres textes. Ce qui montre davantage leur manque de sérieux.

Propos recueillis par Nourou DIA


DISTINCTIONS RECUES PAR KHAR MBAYE MADIAGA

•  Officier de l'Ordre National des Lions (1997)

•  Diplôme de protecteur des Arts, propriété littéraires et artistiques (2001)

•  Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (2002)

•  Diplôme pour service rendu à la lutte sénégalaise

•  Diplôme de reconnaissance pour service rendu à la jeunesse (Coud 2001)

•  Diplôme de reconnaissance pour service rendu pour la promotion de la femme (Aminata Mbengue Ndiaye, ancien ministre de la République du Sénégal)

•  Diplôme de Linguère du Sport Sénégalais

•  Certificat d'appréciation pour le développement de lutte en Sénégambie ( Gambia Telecom)

•  Certificat de participation aux championnants nationaux de lutte en Gambie.






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