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phorum - Culture - CHEIKH ANTA DIOP
Culture

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 CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW 
Date:   20-09-2005 19:35

Voici quelques articles sur Cheikh Anta Diop disponibles sur le net

SOURCE http://www.ankhonline.com/cheikh.htm

Cheikh Anta Diop naît en 1923 dans un petit village du Sénégal, Caytou. L'Afrique est sous la domination coloniale européenne qui a pris le relai de la traite négrière atlantique commencée au 16ème siècle. La violence dont l'Afrique est l'objet, n'est pas de nature exclusivement militaire, politique et économique. Théoriciens Voltaire, Hume, Hegel, Gobineau, Lévy Bruhl, etc. et institutions d'Europe l'institut d'ethnologie de France créé en 1925 par L. Lévy Bruhl, par exemple , s'appliquent à légitimer au plan moral et philosophique l'infériorité intellectuelle décrétée du Nègre. La vision d'une Afrique anhistorique et atemporelle, dont les habitants, les Nègres, n'ont jamais été responsables, par définition, d'un seul fait de civilisation, s'impose désormais dans les écrits et s'ancre dans les consciences. L'Égypte est ainsi arbitrairement rattachée à l'Orient et au monde méditerranéen géographiquement, anthropologiquement, culturellement.

Oeuvre de Cheikh Anta Diop : contexte historique et idéologique

C'est donc dans un contexte singulièrement hostile et obscurantiste que Cheikh Anta Diop est conduit à remettre en cause, par une investigation scientifique méthodique, les fondements mêmes de la culture occidentale relatifs à la genèse de l'humanité et de la civilisation. La renaissance de l'Afrique, qui implique la restauration de la conscience historique, lui apparaît comme une tâche incontournable à laquelle il consacrera sa vie.

C’est ainsi qu’il s'attache, dès ses études secondaires à Dakar et St Louis du Sénégal, à se doter d'une formation pluridisciplinaire en sciences humaines et en sciences exactes, nourrie par des lectures extrêmement nombreuses et variées.S'il acquiert une remarquable maîtrise de la culture européenne, il n'en est pas moins profondément enraciné dans sa propre culture. Sa parfaite connaissance du wolof, sa langue maternelle, se révèlera être l'une des principales clés qui lui ouvrira les portes de la civilisation pharaonique. Par ailleurs, l'enseignement coranique le familiarise avec le monde arabo-musulman.

A partir des connaissances accumulées et assimilées sur les cultures africaine, arabo-musulmane et européenne, Cheikh Anta Diop élabore des contributions majeures dans différents domaines. L'ensemble se présente comme une œuvre cohérente et puissante qui fait de Cheikh Anta Diop un savant et un humaniste.

On se propose dans une première partie de dégager de manière concise quelques-uns des traits essentiels de son œuvre. En second lieu, on présente la poursuite de l'œuvre du savant dans le domaine de l'histoire et de l'égyptologie.



A. L'œuvre de Cheikh Anta Diop

La reconstitution scientifique du passé de l'Afrique et la restauration de la conscience historique

Au moment où Cheikh Anta Diop entreprend ses premières recherches historiques années 40 l'Afrique noire ne constitue pas "un champ historique intelligible" pour reprendre une expression de l'historien britannique Arnold Toynbee. Il est symptômatique qu'encore au seuil des années 60, dans le numéro d'octobre 1959 du Courrier de l'UNESCO, l'historien anglo-saxon Basile Davidson introduise son propos sur la "Découverte de l'Afrique" par la question : "Le Noir est-t-il un homme sans passé ?"

Dans son récent ouvrage Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Théophile Obenga montre magistralement en quoi consiste l'originalité et la nouveauté de la problématique historique africaine ouverte et développée par Cheikh Anta Diop :

"En refusant le schéma hégélien de la lecture de l'histoire humaine, Cheikh Anta Diop s'est par conséquent attelé à élaborer, pour la première fois en Afrique noire une intelligibilité capable de rendre compte de l'évolution des peuples noirs africains, dans le temps et dans l'espace [...] Un ordre nouveau est né dans la compréhension du fait culturel et historique africain. Les différents peuples africains sont des peuples "historiques" avec leur État : l'Égypte, la Nubie, Ghana, Mali, Zimbabwe, Kongo, Bénin, etc. leur esprit, leur art, leur science. Mieux, ces différents peuples historiques africains s'accomplissent en réalité comme des facteurs substantiels de l'unité culturelle africaine". [Théophile Obenga, Leçon inaugurale du colloque de Dakar de février-mars 1996 intitulé : "L'œuvre de Cheikh Anta Diop - La Renaissance de l'Afrique au seuil du troisième millénaire", Actes du colloque de Dakar à paraître .

Nations nègres et Culture – De l'Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique d'aujourd'hui– que publie en 1954 Cheikh Anta Diop aux Éditions Présence Africaine créées par Alioune Diop est le livre fondateur d'une écriture scientifique de l’histoire africaine. La reconstitution critique du passé de l'Afrique devient possible grâce à l'introduction du temps historique et de l'unité culturelle. La restauration de la conscience historique devient alors elle aussi possible.



Les principales thématiques développées par Cheikh Anta Diop

Les thématiques présentes dans l'œuvre de Cheikh Anta Diop peuvent être regroupées en six grandes catégories :

a. L'origine de l'homme et ses migrations. Parmi les questions traitées : l'ancienneté de l'homme en Afrique, le processus de différentiation biologique de l’humanité, le processus de sémitisation, l’émergence des Berbères dans l’histoire, l'identification des grands courants migratoires et la formation des ethnies africaines.

b. La parenté Égypte ancienne/Afrique noire. Elle est étudiée selon les aspects suivants : le peuplement de la vallée du Nil, la genèse de la civilisation égypto-nubienne, la parenté linguistique, la parenté culturelle, les structures socio-politiques, etc.

c. La recherche sur l'évolution des sociétés. Plusieurs développements importants sont consacrés à la genèse des formes anciennes d'organisation sociale rencontrées dans les aires géographiques méridionale Afrique et septentrionale Europe , à la naissance de l'État,.à la formation et l'organisation des États africains après le déclin de l'Égypte, à la caractérisation des structures politiques et sociales africaines et européennes avant la période coloniale ainsi qu'à leur évolution respective, aux modes de production, aux conditions socio-historiques et culturelles qui ont présidé à la Renaissance européenne.

d. L'apport de l'Afrique à la civilisation. Cet apport est restitué dans de nombreux domaines : la métallurgie, l'écriture, les sciences mathématiques, astronomie, médecine, ... , les arts et l'architecture, les lettres, la philosophie, les religions révélées judaïsme, christianisme, islam , etc.

e. Le développement économique, technique, industriel, scientifique, institutionnel, culturel de l'Afrique. Toutes les questions majeures que pose l'édification d'une Afrique moderne sont abordées : maîtrise des systèmes éducatif, civique et politique avec l'introduction et l'utilisation des langues nationales à tous les niveaux de la vie publique ; l'équipement énergétique du continent ; le développement de la recherche fondamentale ; la représentation des femmes dans les institutions politiques ; la sécurité ; la construction d'un État fédéral démocratique, etc. La création par Cheikh Anta Diop du laboratoire de datation par le radiocarbone qu'il dirige jusqu'à sa disparition est significative de toute l'importance accordée à "l'enracinement des sciences en Afrique".

f. L'édification d'une civilisation planétaire. L'humanité doit rompre définitivement avec le racisme, les génocides et les différentes formes d’esclavage. La finalité est le triomphe de la civilisation sur la barbarie. Cheikh Anta Diop appelle de ses vœux l'avènement de l'ère qui verrait toutes les nations du monde se donner la main "pour bâtir la civilisation planétaire au lieu de sombrer dans la barbarie" Civilisation ou Barbarie, 1981 . L’aboutissement d’un tel projet suppose :

- la dénonciation de la falsification moderne de l'histoire : "La conscience de l'homme moderne ne peut progresser réellement que si elle est résolue à reconnaître explicitement les erreurs d'interprétations scientifiques, même dans le domaine très délicat de l'Histoire, à revenir sur les falsifications, à dénoncer les frustrations de patrimoines. Elle s'illusionne, en voulant asseoir ses constructions morales sur la plus monstrueuse falsification dont l'humanité ait jamais été coupable tout en demandant aux victimes d'oublier pour mieux aller de l'avant" Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, Paris, Présence Africaine, p. 12 .

- la réaffirmation de l'unité biologique de l'espèce humaine fondement d’une nouvelle éducation qui récuse toute inégalité et hiérachisation raciales : "... Donc, le problème est de rééduquer notre perception de l'être humain, pour qu'elle se détache de l'apparence raciale et se polarise sur l'humain débarrassé de toutes coordonnées ethniques." Cheikh Anta Diop, "L'unité d'origine de l'espèce humaine", in Actes du colloque d'Athènes : Racisme science et pseudo-science, Paris, UNESCO, coll. Actuel, 1982, pp. 137-141 .

L'ensemble de ces grandes problématiques définit de façon claire et cohérente un cadre, des axes et un programme de travail.

L'apport méthodologique et les acquis du colloque du Caire

Pour sortir l'Afrique du paradigme anhistorique et ethnographique dans lequel anthropologues et africanistes l'avaient confinée Cheikh Anta Diop adopte une méthodologie de recherche qui s'appuie sur des études diachroniques, le comparatisme critique, la pluridisciplinarité : archéologie, linguistique, ethnonymie/toponymie, sociologie, sciences exactes, etc.. Grâce à une approche à la fois analytique et synthétique il lui a été possible de rendre aux faits historiques, sociologiques, linguistiques, culturels du continent africain, leur cohérence et leur intelligibilité. La nouvelle méthodologie en matière d'histoire africaine que préconise et met en œuvre Cheikh Anta Diop dans ses travaux est exposée dans son livre Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, op. cit., pp. 195-214 et largement commentée par le professeur Aboubacry Moussa Lam cf. bibliographie .

S'agissant de l'Égypte ancienne alors étudiée dans son contexte négro-africain, Cheikh Anta Diop écrit :

"Partant de l'idée que l'Égypte ancienne fait partie de l'univers nègre, il fallait la vérifier dans tous Ies domaines possibles, racial ou anthropologique, linguistique, sociologique, philosophique, historique, etc. Si l'idée de départ est exacte, l'étude de chacun de ces différents domaines doit conduire à la sphère correspondante de l'univers nègre africain. L'ensemble de ces conclusions formera un faisceau de faits concordants qui éliminent le cas fortuit. C'est en cela que réside la preuve de notre hypothèse de départ. Une méthode différente n'aurait conduit qu'à une vérification partielle qui ne prouverait rien. Il fallait être exhaustif" Cheikh Anta Diop, Antériorité des civilisations nègres – mythe ou vérité historique ?, Paris, Présence Africaine, 1967, p. 275 .

En 1970, l'UNESCO sollicite Cheikh Anta Diop pour devenir membre du Comité scientifique international pour la rédaction d'une Histoire générale de l'Afrique. Son exigence d'objectivité le conduit à poser trois préalables à la rédaction des chapitres consacrés à l'histoire ancienne de l'Afrique. Les deux premiers consistent en la tenue d'un colloque international, organisé par l'UNESCO, réunissant des chercheurs de réputation mondiale, pour d'une part, traiter de l'origine des anciens Égyptiens, et d'autre part faire le point sur le déchiffrement de l'écriture méroïtique. En effet, une confrontation des travaux de spécialistes du monde entier lui paraissait indispensable pour faire avancer la science historique. Le troisième préalable concerne la réalisation d'une couverture aérienne de l'Afrique afin de restituer les voies anciennes de communication du continent.

C'est ainsi que se tient au Caire du 28 janvier au 3 février 1974, organisé par l'UNESCO dans le cadre de la Rédaction de l'Histoire générale de l'Afrique, le colloque intitulé : "Le peuplement de l'Égypte ancienne et le déchiffrement de l'écriture méroïtique".

Ce colloque rassemble une vingtaine de spécialistes appartenant aux pays suivants : Égypte, Soudan, Allemagne, USA, Suède, Canada, Finlande, Malte, France, Congo et Sénégal. La contribution très constructive des chercheurs africains tant au plan méthodologique qu'au niveau de la masse des faits apportés et instruits, a été reconnue par les participants et consigné dans le compte-rendu du colloque, notamment dans le domaine de la linguistique : "un large accord s'est établi entre les participants". "Les éléments apportés par les professeurs DIOP et OBENGA ont été considérés comme très constructifs. … Plus largement, le professeur SAUNERON a souligné l'intérêt de la méthode proposée par le professeur OBENGA après le professeur DIOP. L'Égypte étant placée au point de convergence d'influences extérieures, il est normal que des emprunts aient été faits à des langues étrangères ; mais il s'agit de quelques centaines de racines sémitiques par rapport à plusieurs milliers de mots. L'égyptien ne peut être isolé de son contexte africain et le sémitique ne rend pas compte de sa naissance ; il est donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique."[cf. Histoire générale de l’Afrique, Paris, Afrique/Stock/Unesco, 1980, pp. 795-823].

S'agissant de la culture égyptienne : "Le professeur VERCOUTTER a déclaré que, pour lui, l'Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser. Le professeur LECLANT a reconnu ce même caractère africain dans le tempérament et la manière de penser des Égyptiens."

Le rapport, dans sa conclusion générale indique que "La très minutieuse préparation des communications des professeurs Cheikh Anta DIOP et OBENGA n'a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l'UNESCO, une contrepartie toujours égale. Il s'en est suivi un véritable déséquilibre dans les discussions."

Depuis 1974, les découvertes archéologiques, les études linguistiques, les études génétiques, l'examen de la culture matérielle, l'étude de la philosophie, etc. ne font que confirmer chaque jour davantage les grandes orientations de recherche recommandées par le Colloque du Caire.



La postérité intellectuelle

Dans le domaine de l'égyptologie, par exemple, une communauté d'égyptologues africains existe désormais. Elle s’est constituée selon les étapes ci-après.

La période de la recherche solitaire 1946-1970

Jusqu'au début des années 1970, Cheikh Anta Diop poursuit, dans une totale solitude intellectuelle, ses recherches sur la parenté existant entre l'Égypte ancienne et le reste de l'Afrique noire engagées déjà depuis plus d'une vingtaine d'années. Un veto s'oppose implacablement à ce qu'il enseigne à l'Université de Dakar. Deux conséquences immédiates en découlent : l'impossibilité d'orienter et de former les jeunes générations d'historiens et d'égyptologues africains, et celle de procéder au renouvellement complet des "Études africaines" tant sur le plan du contenu de l'enseignement intégration des antiquités égypto-nubiennes, etc. que sur celui des critères de compétence.

Théophile Obenga rencontre Cheikh Anta Diop

Au début des années 60, Théophile Obenga, découvre le livre de Cheikh Anta Diop Nations nègres et Culture. Théophile Obenga, est déjà formé à la philosophie et il maîtrise le grec ancien ainsi que le latin. Il s'oriente de manière décisive vers l'égyptologie et la linguistique. Il suit les enseignements de grands noms de la linguistique historique comme Henri Frei à l'Université de Genève et Émile Benveniste au Collège de France à Paris. Les premiers résultats des recherches de Théophile Obenga en histoire et en linguistique paraissent dans des articles dès 1969. C'est en 1973, qu'il publie aux Éditions Présence Africaine son premier grand livre, L'Afrique dans l'Antiquité - Égypte pharaonique/Afrique Noire. Le lecteur y trouvera entre autres des chapitres fondamentaux consacrés à la comparaison de la langue égyptienne ancienne et des langues négro-africaines contemporaines, ainsi qu'aux écritures anciennes du continent africain.

Cheikh Anta Diop n'est désormais plus seul. Il le sait et il exprime l'espoir, dans sa préface au livre de Théophile Obenga, de voir se constituer à terme une équipe de chercheurs africains : "Il est indispensable de créer une équipe de chercheurs africains où toutes les disciplines sont représentées. C'est de la sorte qu'on mettra le plus efficacement possible la pensée scientifique au service de l'Afrique.", avec la mise en garde préalable suivante : "Puissent-ils comprendre qu'à la maîtrise des connaissances il faut ajouter l'efficacité de l'organisation pour se maintenir".

Le colloque du Caire 1974 évoqué plus haut consolide la collaboration entre les deux hommes pour la réécriture de l'histoire de l'Afrique et partant de l'humanité, sur des bases strictement objectives.

Les acquis du colloque du Caire provoquent des fissures dans le dispositif d'isolement dressé autour de Cheikh Anta Diop. La technicité du débat scientifique, dévoile jour après jour, l'incompétence et l'imposture africaniste qui se réfugie de manière malsaine, hier comme aujourd'hui encore, dans une pseudo critique à caractère psychanalytique ou dans le procès d'intention.

Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga se sont attachés, parallèlement à leurs recherches, à sensibiliser les Africains à l'histoire de l'Afrique avant la colonisation, aux enjeux vitaux qui lui sont associés, à faire naître des vocations, au moyen de conférences, de colloques, de longues interviews en Afrique, en Europe, dans les Caraïbes, aux États-Unis.

Au fil des années des Africains se sont engagés dans la voie de l'égyptologie, tout en se heurtant, d’une part à l’hostilité du milieu universitaire, notamment francophone, où une telle orientation est "politiquement incorrecte" et d’autre part à la faiblesse des moyens matériels.

Les continuateurs. L'École africaine d'égyptologie

Une école africaine d'égyptologie s'est progressivement constituée. C'est le lieu de souligner, ici, toute l'importance que revêt la connaissance de l'intérieur de l'univers négro-africain, particulièrement à la langue, la culture matérielle, les conceptions philosophiques, religieuses et socio-politiques. On touche donc du doigt les critères mêmes que doit satisfaire un spécialiste véritable de l'Afrique ancienne.

Les grandes orientations de travail de l'école africaine d'égyptologie recouvrent les thématiques développées par Cheikh Anta Diop, rappelées plus haut, ainsi que les recommandations du colloque d'Égyptologie du Caire. Les résultats les plus récents des recherches linguistiques, culturelles de manière générale sur la civilisation pharaonique alliés à ceux des recherches archéologiques illustrent la pertinence scientifique du cadre de travail négro-africain, son caractère éminemment fécond. La revue ANKH, Revue d'égyptologie et des civilisations africaines, a justement pour vocation de publier de tels acquis. ANKH signifie la "Vie" en langue égyptienne pharaonique. Créée en 1992, elle est dirigée par le professeur Théophile Obenga. Les collaborateurs de ANKH sont des chercheurs de divers pays, marque de son ouverture internationale. On y trouvera, outre les études consacrées à l’Antiquité égypto-nubienne linguistique, culture matérielle, philosophie, religion, archéologie,... , des synthèses sur l'Afrique en général, une section sciences exactes physique, mathématiques, informatique, ... , et une rubrique bibliographique. Parallèlement, toute une série d’ouvrages traduit la richesse de la recherche égyptologique africaine cf. bibliographie . Cette production intellectuelle de haut niveau s’enrichit chaque année de nouvelles études et constitue la base nécessaire d’un enseignement de qualité sur l'Afrique ancienne.

En 1981, Cheikh Anta Diop est enfin nommé professeur d'histoire associé à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar, c’est-à-dire vingt sept ans après la parution de Nations nègres et Culture, vingt et un ans après son Doctorat d'État. Il y enseignera en maîtrise, en DEA et dirigera des thèses jusqu'à sa disparition en 1986. La relève est assurée aujourd'hui par Aboubacry Moussa Lam et Babacar Sall, égyptologues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Sollicités par nombre de clubs, de cercles d’études, d'associations comme les Générations Cheikh Anta Diop du Burkina-Faso, du Niger, du Mali, du Sénégal, les égyptologues africains assurent également une vulgarisation sur l’histoire ancienne de l’Afrique à travers cours, conférences, séminaires, expositions organisés en Afrique, aux États-Unis, dans les Caraïbes, en Europe.

La jeunesse africaine du continent et de la diaspora est désormais édifiée sur la période de son histoire qui précède les quatre siècles de la traite négrière atlantique et d'occupation coloniale, jusqu'aux périodes les plus reculées. L'œuvre de Cheikh Anta Diop montre la nécessité pour l'Afrique d'un retour à l'Égypte ancienne dans tous les domaines : celui des sciences, de l'art, de la littérature, du droit, ... La démarche historique, loin d'être conçue comme un repli sur soi ou une simple délectation du passé, permet à Cheikh Anta Diop de définir le cadre de réflexion approprié pour poser, en termes exacts, l'ensemble des problèmes culturels, éducatifs, politiques, économiques, scientifiques, techniques, industriels, etc., auxquels sont confrontés les Africains, aujourd'hui, et pour y apporter des solutions. C'est pourquoi toute son œuvre se présente comme le socle même d’une véritable renaissance de l'Afrique :

"[Et] les études africaines ne sortiront du cercle vicieux où elles se meuvent, pour retrouver tout leur sens et toute leur fécondité, qu'en s'orientant vers la vallée du Nil. Réciproquement, l'égyptologie ne sortira de sa sclérose séculaire, de l'hermétisme des textes, que du jour où elle aura le courage de faire exploser la vanne qui l'isole, doctrinalement, de la source vivifiante que constitue, pour elle, le monde nègre" Antériorité des civilisations nègres - mythe ou vérité historique ?, op. cit., p. 12 .

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW 
Date:   20-09-2005 19:36

SOURCE http://www.ankhonline.com
Jalons biographiques et bibliographiques

Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 dans le village de Caytou situé dans la région de Diourbel en pays Baol-Cayor , près de la ville de Bambey à environ 150 km de Dakar, au Sénégal.

Son père, le Jeune Massamba Sassoum Diop est décédé peu de temps après sa naissance. Sa mère, Magatte Diop, vécut jusqu'en 1984.

Cheikh Anta Diop épousera en 1953, à Paris, une Française, Louise Marie Maes, diplômée d'Études supérieures en Histoire et Géographie. Quatre fils naîtront de cette union.

Cheikh Anta Diop décède le 7 février 1986 ; il repose, selon sa volonté, à Caytou, auprès de son grand-père le Vieux Massamba Sassoum Diop, fondateur du village.

1927 - 1937 : A l'âge de quatre-cinq ans il est envoyé à l'école coranique. Il est ensuite scolarisé à l'école française : l'École Régionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d'études primaires.

1938 - 1945 : Études secondaires à Dakar et Saint-Louis. Il obtient, en 1945, ses baccalauréats "brevet de capacité colonial correspondant au baccalauréat" en mathématiques et en philosophie.

Durant ces années passées au lycée, il élabore un alphabet conçu pour transcrire toute langue africaine et il entreprend également la rédaction d'une histoire du Sénégal. Dans cette même période apparaissent ses premières réflexions qui plus tard déboucheront sur son projet de renaissance culturelle et d'indépendance politique de l'Afrique noire. Il se destine néanmoins à un métier scientifique appréhendé comme un devoir de découverte et d'invention vis-à-vis de l'humanité.

1946 : Arrivée à Paris au cours de l'année 1946. Il s'inscrit en classe de Mathématiques Supérieures, son but étant de devenir ingénieur en aéronautique. En attente de la rentrée de l'année 1946-1947, il s'inscrit en Faculté des Lettres de la Sorbonne en philosophie. Il suit, en particulier, l'enseignement de Gaston Bachelard.

A son initiative est créée l'Association des Étudiants Africains de Paris dont le premier président est Cheikh Fall. Amadou Mahtar M'Bow en deviendra quelques années plus tard le président.

1947 : Cheikh Anta Diop poursuit, parallèlement à ses études, ses recherches linguistiques sur le wolof et le sérère, langues parlées au Sénégal. Il entre en relation avec Henri Lhote le découvreur des fresques du Tassili, au Sahara .

1948 : Il achève sa licence de philosophie et s'inscrit en Faculté des Sciences. Il publie sa première étude de linguistique, Étude linguistique ouolove – Origine de la langue et de la race valaf, dans la revue "Présence Africaine" créée par le grand homme de culture Alioune Diop en 1947, qui fondera la maison d'édition Présence Africaine puis la Société Africaine de Culture SAC . La même année, Cheikh Anta Diop publie, dans un numéro spécial de la revue "Le Musée Vivant", un article intitulé Quand pourra-t-on parler d'une renaissance africaine ? en partie consacré à la question de l'utilisation et du développement des langues africaines, et dans lequel Cheikh Anta Diop propose pour la première fois de bâtir les humanités africaines à partir de l'Égypte ancienne.

1949 : Il fait inscrire sur les registres de la Sorbonne le sujet de thèse de doctorat ès-Lettres qu'il se propose de traiter, sous la direction du professeur Gaston Bachelard, et qui s'intitule "L'avenir culturel de la pensée africaine".

1950 : Il obtient les deux certificats de chimie : chimie générale et chimie appliquée.

Il prend la décision d'intégrer en juillet 1950 le RDA Rassemblement Démocratique Africain alors dirigé par Félix Houphouët-Boigny, tout en rappelant fermement à la direction du RDA son devoir de ne pas faillir à sa mission historique : celle d'une véritable libération du continent africain.

Retour au Sénégal pendant l'hivernage juillet-août de l'année 1950. Il donne, à Dakar et Saint-Louis, plusieurs conférences dont la presse se fait l'écho :

— "Un enseignement est-il possible en Afrique dans la langue maternelle ?",

— "Nécessité et possibilité d'un enseignement dans la langue maternelle en Afrique",

— "Les fondements culturels d'une civilisation africaine moderne".

Au cours de ce même séjour, il propose, avec des notables, dans une lettre adressée aux autorités de l'AOF Afrique Occidentale Française , un plan de reboisement du pays afin de faire face au danger de la sécheresse.

1951 : Inscription sur les registres de la faculté de son sujet de thèse secondaire "Qu'étaient les Égyptiens prédynastiques", sous la direction du professeur Marcel Griaule.

Il devient le secrétaire général de l'Association des Étudiants du RDA AERDA , à Paris.

Il donne plusieurs conférences :

— "L'origine du wolof et du peuple qui parle cette langue", organisée à Paris au Musée de l'Homme par la Société des Africanistes, dont le secrétaire général est à l'époque Marcel Griaule.

— "Les fondements culturels d'une civilisation africaine moderne", organisée par l'Association des Étudiants africains de Paris,

— "Objectifs d'une politique africaine efficiente", également organisée par l'Association des Étudiants africains de Paris.

Il organise, dans le cadre de l'AERDA, le premier congrès panafricain politique d'étudiants d'après-guerre, du 4 au 8 juillet 1951. La WASU West African Student Union participe à ce congrès.

1952 : C'est dans le bulletin mensuel de l'AERDA, "La Voix de l'Afrique noire" de février 1952, dans un article intitulé "Vers une idéologie politique africaine", que Cheikh Anta Diop pose pour la première fois en Afrique francophone, sous leurs multiples aspects, culturels, économiques, sociaux, etc., les principes de l'indépendance nationale et de la constitution d'une fédération d'États démocratiques africains, à l'échelle continentale.

1953 : Dans le bulletin mensuel de l'AERDA, "La Voix de l'Afrique noire" de mai-juin 1953, il publie l'article "La lutte en Afrique noire". Il quitte le secrétariat général de l'AERDA.

1954 : Nations nègres et Culture — De l'antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui paraît aux Éditions Présence Africaine. Ce livre est en fait le texte des thèses principale et secondaire destinées à être soutenues en Sorbonne en vue de l'obtention du doctorat d'État ès Lettres ; mais aucun jury ne put être formé. A propos de cette œuvre maîtresse de Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire écrit : "… Nations nègres et Culture — [livre] le plus audacieux qu'un Nègre ait jusqu'ici écrit et qui comptera à n'en pas douter dans le réveil de l'Afrique" Discours sur le Colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955 .

1956 : Il se réinscrit en thèse d'État avec comme nouveau sujet principal "Les domaines du matriarcat et du patriarcat dans l'antiquité".

A partir de 1956 il enseigne la physique et la chimie aux lycées Voltaire et Claude Bernard, à Paris en tant que maître-auxiliaire.

Parution dans la revue "Présence Africaine" de l'article Alerte sous les Tropiques, texte qui préfigure son futur livre-programme : Les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur État fédéral d'Afrique noire 1960 .

Cheikh Anta Diop donne une conférence sur le thème : "Les origines nègres de la civilisation égyptienne", organisée par Présence Africaine, Salle des Sociétés Savantes, à Paris.

Il participe au premier Congrès des Écrivains et Artistes noirs qui se déroule à la Sorbonne. Il y apporte la contribution intitulée : Apports et perspectives culturels de l'Afrique qui paraît dans un numéro spécial de la revue "Présence Africaine".

Débat contradictoire avec l'égyptologue français Jean Sainte-Fare Garnot.

1957 : Inscription sur les registres de la faculté de son sujet de thèse complémentaire : "Étude comparée des systèmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique, de l'Antiquité à la formation des États modernes".

Il entreprend une spécialisation en physique nucléaire au Laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France dirigé par Frédéric Joliot-Curie puis à l'Institut Pierre et Marie Curie, à Paris. Cheikh Anta Diop nourrissait une admiration toute particulière à l'égard du grand physicien français Frédéric Joliot-Curie avec lequel il est entré en contact pour la première fois en 1953.

1959 : à Rome, il participe au second Congrès des Écrivains et Artistes noirs. Il y fait une communication portant sur L'Unité culturelle africaine qui paraît dans un numéro spécial de la revue "Présence Africaine".

"Y a-t-il une unité culturelle de l'Afrique noire ?", est une conférence qu'il donne en clôture des Journées Africaines de Rennes : séminaire organisé par l'Association des Étudiants Africains et l'A.G.E.R. Association Générale des Étudiants de Rennes sur le thème : "Les langues vernaculaires en Afrique noire et structures sociales de l'Afrique noire en liaison avec le problème des pays sous-développés", Rennes France , 1er et 2 juillet 1959.

1960 : Le 9 janvier 1960, il soutient, à la Sorbonne, sa thèse de doctorat d'État en lettres. Elle est publiée aux Éditions Présence Africaine sous les titres : L'Afrique noire précoloniale et L'Unité culturelle de l'Afrique noire. Le préhistorien André Leroi-Gourhan était son directeur de thèse, et son jury était présidé par le professeur André Aymard, alors doyen de la faculté des Lettres. La mention honorable lui a été attribuée. Un reportage sur la soutenance de cette thèse, qui a duré plusieurs heures, a été réalisé par le journaliste Doudou Cissé et diffusé sur les ondes de la Radiodiffusion d'Outre-Mer. On peut aussi se référer à l'article de Bara Diouf paru dans "La Vie Africaine", n° 6, Paris, mars-avril 1960. Sa thèse de doctorat porte la dédicace suivante : "A mon Professeur Gaston Bachelard dont l'enseignement rationaliste a nourri mon esprit".

La même année, sort la première édition du livre Les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur État fédéral d'Afrique noire.

Retour définitif au Sénégal en 1960 : "Je rentre sous peu en Afrique où une lourde tâche nous attend tous. Dans les limites de mes possibilités et de mes moyens, j'espère contribuer efficacement à l'impulsion de la recherche scientifique dans le domaine des sciences humaines et celui des sciences exactes. Quand à l'Afrique noire, elle doit se nourrir des fruits de mes recherches à l'échelle continentale. Il ne s'agit pas de se créer, de toutes pièces, une histoire plus belle que celle des autres, de manière à doper moralement le peuple pendant la période de lutte pour l'indépendance, mais de partir de cette idée évidente que chaque peuple a une histoire." Cheikh Anta Diop, interview in "La Vie Africaine", n°6, mars-avril 1960, p. 11 .

Le 1er octobre 1960, il est nommé assistant à l'Université de Dakar pour travailler à l'Institut Français d'Afrique Noire IFAN . Il ne lui est confié aucun enseignement en sciences humaines.

Il donne plusieurs conférences, relayées par la presse :

— "Comment recréer, à partir d'une langue l'unité linguistique à l'échelle du continent ?",

— "Comment recréer, à partir d'une langue l'unité linguistique en Afrique noire ?", conférence organisée par le Centre Régional d'Information de Diourbel Sénégal ,

— "Origine et évolution du monde noir de la préhistoire à nos jours", organisée sous l'égide de l'Union Culturelle des Enseignants de Dakar, à l'École Clémenceau.

1961 : Cheikh Anta Diop entreprend de créer un laboratoire de datation par le Carbone 14 radiocarbone au sein de l'IFAN de Dakar alors dirigé par le professeur Théodore Monod. De nombreux domaines peuvent bénéficier de l'existence d'un tel laboratoire : l'archéologie, la préhistoire, l'histoire, la géologie, la climatologie … Des relations de travail seront établies entre l'IFAN et le CEA français Commissariat à l'Énergie Atomique /CNRS Centre National de la Recherche Scientifique français au travers, entre autres, de Jean Le Run, qui avait monté le premier ensemble de datation par le radiocarbone du CNRS à Gif-sur-Yvette, de Jacques Labeyrie, Directeur du CFR Centre des Faibles Radioactivités et Georgette Delibrias Directrice du Laboratoire du Radiocarbone du CFR .

Activité politique : Cheikh Anta Diop crée, au Sénégal, un parti politique le Bloc des Masses Sénégalaises, BMS d'opposition au régime en place dirigé par le Président Léopold Sédar Senghor et le Premier ministre Mamadou Dia. Il en est le Secrétaire général.

1962 : Il dirige la construction des locaux du laboratoire de datation.

En raison de son activité politique il est emprisonné de mi-juillet à mi-août 1962 à la prison de la ville de Diourbel. Un non-lieu sera finalement prononcé.

Il réalise en septembre de cette année, avec Jean Le Run, à Gif-sur-Yvette, la première datation de l'homme d'Asselar.

Il achève L'inventaire archéologique du Mali, étude qui lui avait été confiée par Théodore Monod.

1963 : Achèvement de la construction du laboratoire et début de l'équipement des différentes salles du laboratoire. Par une note de service en date du 17 avril 1963, Théodore Monod officialise, au sein du Département d'Archéologie et de Préhistoire de l'IFAN, l'existence du "Laboratoire de Datation par le Radiocarbone" dont le responsable est Cheikh Anta Diop.

Cheikh Anta Diop refuse les postes ministériels qui sont proposés par Léopold Sédar Senghor au BMS. Une telle acceptation aurait signifié un renoncement au programme du BMS.

Dissolution du BMS, en octobre 1963, par le gouvernement sénégalais. Cheikh Anta Diop crée aussitôt un autre parti qui sera à son tour dissous l'année suivante.

1965 : Théodore Monod quitte définitivement l'IFAN.

1966 : L'ensemble transistorisé de comptage de la radioactivité, après avoir été testé au Centre d'Études Nucléaires de Saclay CEA/CNRS , arrive en juillet au port de Dakar. Cet appareil, destiné à la datation par le Carbone 14, bénéficie des plus récentes technologies de l'époque. Dans le cadre des accords de collaboration technique, il a été fourni et partiellement financé par le CEA. Le laboratoire de datation commence à fonctionner.

Une commission du CEA, présidée par Georgette Delibrias, directrice du Laboratoire de Radiocarbone de Gif-sur-Yvette, se rend au Sénégal pour tester, avec succès, les installations du laboratoire de Dakar.

Cheikh Anta Diop donne à la salle de mesure des dates le nom de Théodore Monod et le nom de Jean Le Run à celle du traitement chimique des échantillons, en témoignage de reconnaissance à l'éminente personnalité scientifique qui a créé et dirigé l'IFAN jusqu'en 1965 et à l'un des pionniers du "Carbone 14" en France, devenu son ami.

A l'exception de celui de la Rhodésie du Sud, c'est, alors, l'unique laboratoire de Carbone 14 existant en Afrique noire. Les fondations du laboratoire ont été conçues pour supporter un étage supplémentaire car Cheikh Anta Diop avait envisagé dès le début du projet de développer et d'élargir les activités de ce laboratoire qu'il considérait comme le noyau, au sud du Sahara, d'un futur grand centre africain des faibles radioactivités, devant regrouper à terme différentes méthodes de datation.

Les résultats des datations des échantillons archéologiques sont publiés dans le Bulletin de l'IFAN et la revue internationale Radiocarbon.

Il reçoit avec feu le professeur W.E.B. Du Bois, le prix du 1er Festival des Arts Nègres, récompensant l'écrivain qui a exercé la plus grande influence sur la pensée nègre du XXe siècle.

1967 : Parution de Antériorité des civilisations nègres : mythe ou vérité historique ? Présence Africaine . Cheikh Anta Diop répond à l'ensemble des critiques qui lui ont été faites depuis la parution de Nations nègres et Culture, en particulier celles exprimées par les africanistes Raymond Mauny, Jean Suret-Canale, etc.

Cheikh Anta Diop publie dans le Bulletin de l'IFAN une mise au point intitulée "A propos de la chronologie", car il se trouve dans la nécessité de réagir aux propos tenus par l'africaniste Robert Cornevin dans un article "La chronologie, pierre d'achoppement de l'histoire africaine", publié dans "Magazine Afrique" n°60, 1966 . Il s'agit d'une réponse circonstanciée aux réserves pseudo-scientifiques exprimées par l'auteur à l'égard de la méthode de datation par le Carbone 14. Il faut noter l'existence d'un climat de médisance et d'hostilité, créé par un certain milieu africaniste, autour du laboratoire de datation de Dakar.

Il est invité, en août à Copenhague, à un colloque sur Humanisme africain - Culture scandinave, un dialogue.

Il participe au Congrès Panafricain de Préhistoire, qui se déroule à Dakar du 2 au 8 décembre 1967, et présente aux congressistes l'installation et la mise en service du Laboratoire du Radiocarbone de l'IFAN.

Du 11 au 20 décembre 1967, à Dakar, il participe au 2ème Congrès international des africanistes, dont il préside la Section VI : "Sciences naturelles et technologie". Il contribue à la rédaction du "Rapport et recommandations sur la recherche scientifique dans le domaine des sciences de la nature et la technologie" et soumet une "Résolution sur le péril atomique en Afrique".

1968 : Parution de l'ouvrage : Le laboratoire du radiocarbone de l'IFAN IFAN, Dakar qui est un descriptif de l'installation mise en place et rassemble les mesures de stabilité des compteurs effectuées du 20 décembre 1966 au 30 mai 1967. Il contient également les résultats des premières dates obtenues de trois échantillons fournis respectivement par le professeur Théodore Monod, le laboratoire de Saclay/Gif-sur-Yvette et une mission archéologique britannique en Gambie.

1970 : Cheikh Anta Diop est sollicité officiellement par René Maheu, directeur général de l'UNESCO, pour devenir membre du Comité scientifique international pour la rédaction de l'Histoire générale de l'Afrique. Le secrétaire général de ce comité est le Béninois Maurice Glélé.

Il participe au colloque V. I. Lénine et le développement de la science, de la culture et de l'éducation, organisé sous l'égide de l'UNESCO du 6 au 10 avril 1970 à Tampere en Finlande.

1971 : Il est invité à Alger au colloque ayant pour thème : l'Unité africaine.

Au VIIe Congrès Panafricain de Préhistoire et des études du Quaternaire, qui se déroule à Addis-Abeba en Éthiopie, il expose l'ensemble des méthodes mises en œuvre au laboratoire de radiocarbone de Dakar.

1972 : Il donne une conférence publique en décembre 1972 au Campus universitaire de Lubumbashi au Zaïre province du Shaba à l'issue de laquelle il est porté en triomphe par les étudiants.

1973 : Le premier livre de Théophile Obenga, L'Afrique dans l'Antiquité — Égypte pharaonique/Afrique noire sort aux Éditions Présence Africaine. Cheikh Anta Diop en a rédigé la préface.

1974 : Parution du livre Physique nucléaire et chronologie absolue. Il s'agit d'un ouvrage de synthèse, décrivant les diverses méthodes de datation d'échantillons archéologiques et géologiques, en particulier celles du radiocarbone mises en œuvre dans le laboratoire de Dakar.

C'est dans le cadre de la rédaction de l'Histoire générale de l'Afrique, qu'à son initiative, se tient au Caire, du 28 janvier au 3 février 1974, un colloque international sur Le peuplement de l'Égypte ancienne et sur le déchiffrement de l'écriture méroïtique, qui réunissait des égyptologues du monde entier, parmi les plus éminents cf. compte rendu publié par l'UNESCO et dans le volume II de l'Histoire générale de l'Afrique ainsi que dans la revue "Ankh", n°3, juin 1994 .

Les débats ont révélé la persistance de désaccords importants sur l'origine anthropologique des anciens Égyptiens :

"La conclusion des experts qui n'admettaient pas la théorie d'un peuplement uniforme de la vallée du Nil des origines jusqu'à l'invasion perse, énoncée par les professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga, a été que le peuplement de base de l'Égypte s'était mis en place au Néolithique, en grande partie en provenance du Sahara et qu'il avait uni des hommes venus du nord et du sud du Sahara et différenciés par leur couleur. A cette théorie, les professeurs Diop et Obenga ont opposé la leur, qui soulignait l'unité du peuplement de la vallée par des Noirs et les progrès de ce peuplement du sud au nord."

Par contre dans le domaine linguistique, le professeur Jean Devisse, rapporteur du colloque, écrit qu'"un large accord s'est établi entre les participants". "Les éléments apportés par les professeurs Diop et Obenga ont été considérés comme très constructifs. … Plus largement, le professeur Sauneron a souligné l'intérêt de la méthode proposée par le professeur Obenga après le professeur Diop. L'Égypte étant placée au point de convergence d'influences extérieures, il est normal que des emprunts aient été faits à des langues étrangères ; mais il s'agit de quelques centaines de racines sémitiques par rapport à plusieurs milliers de mots. L'égyptien ne peut être isolé de son contexte africain et le sémitique ne rend pas compte de sa naissance ; il est donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique."

La conclusion générale indique que "La très minutieuse préparation des communications des professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga n'a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l'UNESCO voir annexe 3 , une contrepartie toujours égale. Il s'en est suivi un véritable déséquilibre dans les discussions".

Ce colloque a marqué une étape capitale dans l'historiographie africaine. Pour la première fois des experts africains ont confronté, dans le domaine de l'égyptologie, les résultats de leurs recherches avec ceux de leurs homologues des autres pays, sous l'égide de l'UNESCO.

La légitimité scientifique de rechercher systématiquement les liens, quels qu'ils soient, pouvant exister entre l'Égypte ancienne et le reste de l'Afrique noire a été reconnue au plan international comme en témoignent les recommandations adoptées par l'ensemble des spécialistes présents au Caire.

Le fait que l'Égypte ancienne soit traitée dans le cadre de l'Histoire générale de l'Afrique, ainsi que la rédaction par Cheikh Anta DIOP dans le Volume II du chapitre I intitulé "L'origine des anciens Égyptiens" cf. l'Histoire générale de l'Afrique op. cit. pp. 39-72 , constituent deux exemples des retombées directes du colloque du Caire.

A la 9e Biennale de la A.S.O.A., Abidjan Côte d'Ivoire qui a lieu du 27 mars au 1er avril 1974 et dont le thème des débats est : "un nouveau modèle politique scientifique en Afrique de l'Ouest", il envoie une communication intitulée : "Perspectives de la recherche scientifique en Afrique", qui sera présentée par le professeur Souleymane Niang, actuel recteur de l'Université de Dakar.

Du 25 au 30 mars 1974, il participe au XXIVe Congrès de l'Institut International de Sociologie, à Alger.

1975 : Aux USA, le 4 avril 1975, l'association "The African Heritage Studies Association" lui décerne une plaque commémorative pour sa contribution à la préservation et au développement de la vie et du patrimoine des peuples d'origine africaine dans le monde.

Cheikh Anta Diop prononce une conférence sur "Les origines africaines de l'Humanité et de la civilisation", dans le cadre des réunions sur l'Histoire Générale de l'Afrique, qui se sont tenues à Cotonou au Bénin en début septembre 1975 et qui réunissaient plusieurs historiens parmi lesquels J. Ki-Zerbo, J. Devisse, M. El Fasi, J.F. Ade Adjayi.

Le 22 novembre 1975, il se rend en Guinée, sur invitation de Sékou Touré, pour assister, à côté des délégations des pays progressistes, à la commémoration de la victoire du peuple de Guinée sur les forces portugaises qui avaient agressé ce pays.

Il participe au 2e Congrès Ordinaire de l'Association des Historiens Africains, Yaoundé Cameroun , qui se déroule du 16 au 20 décembre 1975.

1976 : C'est l'année de parution de l'ouvrage L'Antiquité africaine par l'image co-édité par les Nouvelles Éditions Africaines et l'IFAN de Dakar.

Il participe au Symposium Afro-Arabe sur la libération et le développement, qui se tient à Khartoum Soudan du 7 au 11 janvier 1976.

Un Colloque international sur le thème Afrique noire et Monde méditerranéen dans l'Antiquité, est organisé par le professeur Raoul Lonis de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar, du 19 au 24 janvier 1976, qui rassemble hellénistes, égyptologues et spécialistes de l'Antiquité. Cheikh Anta Diop y donne une conférence dont le titre est "Évolution de l'humanité de la Préhistoire à la fin de l'Antiquité".

Rapporteur de la Conférence régionale sur la coopération technique entre les pays africains, il effectue des missions dans différents pays africains pour le compte de la Commission Économique des Nations Unies pour l'Afrique.

En septembre 1976, il participe au IXe congrès de l'Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques UISPP qui se tient à Nice, et à l'issue duquel il est élu membre du Bureau de l'UISPP.

Il crée, le 3 février 1976, un nouveau parti politique, le RND Rassemblement National Démocratique dont l'organe de presse est Siggi puis Taxaw et dans lequel Cheikh Anta Diop publiera plusieurs articles concernant la politique intérieure sénégalaise, mais aussi la politique internationale, la question de l'énergie à l'échelle du continent africain, celle des déchets toxiques, etc. La loi dite "loi des trois courants" — socialiste, libéral et marxiste-léniniste — est promulguée le 19 mars 1976 et appliquée de manière rétroactive dans le but de rendre illégal le RND. Cette loi impose à l'opposition de se référer explicitement aux trois courants précités qui devaient désormais réglementer la vie politique au Sénégal. Le parti au pouvoir s'attribue l'étiquette socialiste, le Parti Démocratique Sénégalais PDS prend l'étiquette de parti libéral. Le RND de Cheikh Anta Diop refuse de se plier à cette exigence et s'engage alors un bras de fer politico-judiciaire entre le gouvernement de Senghor et le RND, qui n'aura de cesse de lutter pour sa reconnaissance, pour la défense des acquis démocratiques et le progrès de la démocratie au Sénégal.

1977 : Parution du livre Parenté génétique de l'égyptien pharaonique et des langues négro-africaines où Cheikh Anta Diop systématise en particulier la comparaison linguistique entre l'égyptien ancien et le wolof, sa langue maternelle.

A l'initiative du RND une pétition demandant le retour à un multipartisme véritable au Sénégal est signée par plusieurs centaines d'intellectuels sénégalais.

1978 : Le 13 mars 1978, le Sénégal perd Cheikh Ahmadou M'Backé. Éminent chef spirituel appartenant à la confrérie musulmane des Mourides, c'était un homme de principes exceptionnel, d'une vaste culture, d'une intelligence, d'une ouverture d'esprit et d'une générosité hors du commun, reconnues de tous. Une amitié profonde unissait Cheikh Ahmadou M'Backé et Cheikh Anta Diop.

1980 : Il prépare le premier congrès de l'Association des Chercheurs du Monde noir dont il est le président.

Le 25 février, l'Université nationale du Zaïre lui décerne la Médaille d'Or de la recherche scientifique africaine et le Grand Prix du Mérite scientifique africain.

1981 : Il est nommé professeur d'histoire associé à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar. Vingt-sept ans après la parution de Nations nègres et Culture, vingt et un ans après son doctorat d'État, l'Université de Dakar s'ouvre enfin à son enseignement de l'histoire. Il y enseignera en maîtrise, en DEA et dirigera des thèses jusqu'à sa disparition en 1986.

Parution du livre Civilisation ou Barbarie — Anthropologie sans complaisance Présence Africaine . Ce livre, dédié à la mémoire du grand homme de culture, Alioune Diop, lui vaudra une distinction : le Grand Prix Scientifique de l'Institut Culturel Africain ICA .

En 1980, l'UNESCO, alors dirigée par Amadou Mahtar M'Bow, décide d'écrire une nouvelle Histoire du développement scientifique et culturel de l'humanité. En 1981, Cheikh Anta Diop figure avec les égyptologues Théophile Obenga, Aboubacry Moussa Lam, Babacar Sall et les historiens Joseph Ki-Zerbo et Iba Der Thiam parmi les spécialistes sollicités. Il fait partie de la commission internationale mise en place pour ce projet dont le premier secrétaire général est l'historien Alioune Traoré. Il est en outre désigné co-directeur du Volume II Du troisième millénaire au VIIe siècle avant J.-C. .

Du 30 mars au 31 avril 1981, à Athènes, il participe au colloque Racisme, science et pseudo-science, réuni par l'UNESCO en vue de l'examen critique des différentes théories pseudo-scientifiques invoquées pour justifier le racisme et la discrimination raciale. Sa communication a pour titre "L'unité d'origine de l'espèce humaine". L'écrivain Tahar Ben Jelloun en rend compte dans le quotidien français Le Monde. Le célèbre généticien Albert Jacquard participait également à ce colloque. Les Actes de ce colloque ont été publiés par l'UNESCO avec une préface du professeur François Jacob, Prix Nobel de Médecine .

Léopold Sédar Senghor quitte le pouvoir en décembre 1980. Son successeur est le président Abdou Diouf. Celui-ci fait voter par l'Assemblée nationale une loi supprimant la limitation du multipartisme. Le 7 avril 1981, le Tribunal correctionnel de Dakar met un terme aux poursuites judiciaires engagées par le gouvernement sénégalais contre Cheikh Anta Diop. Le 18 juin 1981, le RND de Cheikh Anta Diop est enfin reconnu après cinq années d'une lutte sans relâche.

1982 : En avril-mai 1982, à l'initiative des Éditions Sankoré dirigées par le professeur Pathé Diagne, est organisé à l'Université de Dakar, un symposium sur l'ensemble de son œuvre. Cheikh Anta Diop répond de manière approfondie à l'ensemble du corps universitaire qui a procédé à une analyse critique de ses écrits.

Il prononce à Alger, le 30 novembre 1982, une conférence intitulée "Les apports scientifiques et culturels de l'Afrique à l'humanité".

1983 : Répondant à l'invitation de l'écrivain antillais Daniel Maximin et d'Ernest Pépin, directeur du Centre d'Action Culturelle de la Guadeloupe, il donne plusieurs conférences en Guadeloupe.

Il préside, à l'Université de Dakar, du 7 au 8 juin 1982, le colloque Philosophie et Religion, organisé par la "Revue sénégalaise de philosophie". Sa propre communication s'intitule "Science et Religion. Les crises majeures de la philosophie contemporaine".

A l'issue des élections législatives, Cheikh Anta Diop refuse de siéger à l'Assemblée nationale en raison de l'ampleur des fraudes constatées.

1984 : Le 28 avril 1984, dans le cadre de la Semaine culturelle de l'École Normale Germaine Legoff à Thiès au Sénégal, il présente une communication intitulée : "Làmminu réew mi ak gëstu" Langues nationales et recherche scientifique , dont la transcription a été réalisée par le linguiste Aziz Diaw et la publication assurée par le linguiste Yéro Sylla, président de l'Association des Chercheurs Sénégalais, dans la revue "Le Chercheur".

Il donne, du 8 au 13 mai 1984 à Niamey au Niger, une série de conférences à l'invitation du Gouvernement nigérien.

1985 : Cheikh Anta Diop est invité à Atlanta aux USA ; il est reçu par le maire d'Atlanta Andrew Young et par l'Association Martin Luther King. Il donne plusieurs conférences et interviews. Le 4 avril 1985 est proclamé "Dr. Cheikh Anta Diop Day".

Le 7 juin 1985, il donne une conférence portant sur "L'importance de l'ancienne Égypte pour les civilisations africaines", au Centre Georges Pompidou de Beaubourg, à Paris, dans le cadre des "Journées des Cultures Africaines 2" organisées par l'Association Kaléidoscope et le Service des Affaires Internationales du Ministère de la Culture français.

1986 : Du 6 au 9 janvier 1986, à Yaoundé, il préside le Colloque sur l'Archéologie camerounaise. Il donne, le 8 janvier, dans le Palais des Congrès de la capitale camerounaise, sa dernière conférence : "La Nubie, l'Égypte et l'Afrique noire".

Cheikh Anta DIOP décède le 7 février 1986, à son domicile de Fann, quartier situé non loin de l'Université de Dakar qui aujourd'hui porte son nom. Il laisse inachevé un travail, publié aux Éditions Présence Africaine sous le titre Nouvelles recherches sur l'égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes.






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Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW
Date: 07-09-05 15:28


SOURCE http://www.ankhonline.com/nouvelle1.htm
Les Civilisations africaines

ÉVOLUTION DU MONDE NOIR DE LA PRÉHISTOIRE

À LA FIN DE L'ANTIQUITÉ

Cheikh Anta Diop

L'Antiquité africaine par l'image - IFAN/NEA, Dakar, 1976

Les recherches poursuivies en paléontologie humaine par feu le docteur LEAKEY, en particulier, ont permis de placer le berceau de l’humanité en Afrique orientale dans la région des Grands Lacs, autour de la vallée de l’Omo.

Deux conséquences, sur lesquelles on n’a pas mis l’accent jusqu’ici, découlent de cette découverte :

1 Une humanité née sous la latitude des Grands Lacs, presque sous l’Équateur, est nécessairement pigmentée et négroïde, d’après la loi de GLOGER qui veut que les animaux à sang chaud soient pigmentés en climat chaud et humide.

2 Toutes les autres races sont issues de la race noire par filiation plus ou moins directe, et les autres continents ont été peuplés à partir de l’Afrique, tant au stade de l’Homo "faber" qu’à celui de l’Homo sapiens, qui apparut il y a environ 150 000 ans : les théories antérieures qui faisaient venir les nègres d’ailleurs sont périmées.

Les premiers négroïdes qui allèrent peupler le reste du monde sortirent de l’Afrique par le détroit de Gibraltar, par l’isthme de Suez et peut-être aussi par la Sicile et l’Italie du Sud.

L’existence d’un art rupestre et pariétal africain du Paléolithique supérieur doit venir confirmer cette façon de voir.

Les gravures du Djebel Ouenat en Libye seraient du Paléolithique supérieur d’après l’abbé BREUIL. En Égypte, les plus anciennes gravures seraient du Paléolithique supérieur. En Éthiopie, près du site de Dire Daoua, les peintures de la caverne du Porc-Épic sont du même type que celles de l’Égypte et de la Libye. D’après LEAKEY, en Afrique orientale, l’art le plus ancien serait du Paléolithique supérieur. La présence du Stillbayen dans les districts riches en peintures rives ouest du lac Victoria, Eyassi, centre du Tanganyika , atteste l’ancienneté de celles-ci. Les couches archéologiques contiennent à plus de 5 m de profondeur des matières colorantes et des palettes de couleurs. Au Swaziland, les hommes du Paléolithique supérieur ont exploité une mine de fer il y a 40 000 ans pour extraire l’ocre rouge cf. Ch. A. DIOP, "L’apparition de l’Homo sapiens", Bulletin de l'IFAN, tome 32, sér. B, n° 3, 1970, p. 627 .

C’est l’avènement de la chronologie absolue, c’est-à-dire des méthodes radioactives de datation, en particulier celle du Potassium/Argon, qui permit à la science de réaliser ce progrès et de battre en brèche le dogmatisme qui régnait naguère dans ce domaine. En effet, les méthodes stratigraphiques ne permettaient pas de départager les savants. Ainsi on savait, quant au fond, que le premier habitant de l’Europe était un négroïde migrateur, l’Homme de Grimaldi. Mais une grave autorité, feu le savant français VAUFRAY, avait décrété que l’Afrique était à la traîne. Dès lors, les faits préhistoriques africains apparaissaient trop récents aux yeux des savants pour pouvoir expliquer ceux de l’Europe. Manifestement ni le Grimaldien ni l’Homme de Combe Capelle, tous deux négroïdes, ne sauraient être des indigènes de l’Europe ; cependant une difficulté chronologique, liée aux limites des méthodes stratigraphiques, ne permettait pas de les faire venir d’Afrique.

La différenciation raciale s’est effectuée en Europe, probablement dans la France méridionale et en Espagne, à la fin de la dernière glaciation würmienne entre - 40 000 ans et - 20 000 ans. Nous comprenons maintenant, à la lumière des faits précités, pourquoi le premier habitant de l’Europe fut d’abord le négroïde de Grimaldi, responsable de la première industrie lithique du Paléolithique supérieur européen, appelée industrie aurignacienne. Certains ont cru voir dans le Périgordien inférieur une industrie proprement européenne, antérieure à la précédente et dont le créateur serait le véritable indigène de l’Europe par opposition au négroïde grimaldien envahisseur ; il s’agit de l’Homme de Combe Capelle ; c’est oublier que ce dernier est un négroïde aussi typique que le Grimaldien lui-même et que les deux individus appartiennent bien au même type anthropologique ; c’est la raison pour laquelle, Périgordien inférieur et Aurignacien furent d’abord considérés comme formant une seule et même industrie. Il n’est pas possible d’exposer ici toutes les raisons qui ont conduit à faire ces distinctions tardives. Nous renvoyons à notre article cité ci-dessus.

Les négroïdes de Grimaldi ont laissé leurs innombrables traces sur toute l’étendue de l’Europe et de l’Asie, depuis la presqu’île Ibérique jusqu’au lac Baïkal en Sibérie, en passant par la France, l’Autriche, la Crimée, le bassin du Don, etc. ; dans ces deux dernières régions, feu le professeur soviétique GUERASSIMOV, un savant d’une rare objectivité, a identifié le type négroïde des crânes trouvés dans le Moustérien moyen. M. BOULE et H.V. VALLOIS insistent sur le fait que les couches de localisation des Grimaldiens sont toujours en contact direct avec celles du Moustérien où vécut le Néanderthalien finissant, autrement dit il n’y a pas une autre variété d’Homo sapiens qui serait un prédécesseur du Grimaldi en Europe et en Asie. Le type physique de cette première population européenne est représenté figure 3.

Tête et statuette aurignaciennes trouvées dans le sud de la France

Le premier leucoderme n’apparaîtra, si l'on en juge par la morphologie, que vers -20 000 ans environ : c’est l’Homme de Cro-Magnon ; il est probablement le résultat d’une mutation du négroïde grimaldien durant une existence de 20 000 ans sous ce climat excessivement froid de l’Europe de la fin de la dernière glaciation.

Les Basques, qui vivent aujourd’hui dans la région franco-cantabrique où naquit le Cro-Magnon seraient bien ses descendants ; en tout cas, ceux-ci sont nombreux dans le midi de la France.

L’Homme de Chancelade, qui serait le prototype du jaune, apparaît à l’âge du renne, il y a environ 15 000 ans, au Magdalénien ; serait-il un métis des deux stocks du Grimaldien finissant en Europe et du nouveau Cro-Magnon, sous un climat froid ?

Ainsi l’humanité a pris naissance en Afrique et se serait différenciée en plusieurs races en Europe où le climat était suffisamment contrasté à la fin de la glaciation würmienne.

Si l’humanité avait pris naissance en Europe, elle aurait été d’abord leucoderme pour se négrifier ensuite sous l’Équateur, par l’apparition d’un écran de mélanine au niveau de l’épiderme protégeant l’organisme contre les ultraviolets.

Donc, point de jugement de valeur ; il n'y a aucune gloire particulière à tirer de l’emplacement du berceau de l’humanité en Afrique car ce n’est qu’un fait du hasard ; si les conditions physiques de la planète eussent été autres, l’origine de l’humanité eût été différente.

Ainsi, l’intérêt de cet exposé réside uniquement dans la nécessité de connaître, avec le plus de rigueur scientifique possible, le déroulement des faits relatifs au passé humain pour restituer à ceux-ci tout leur sens et aussi pour dégager les fondements mêmes de la science et de la civilisation.

On peut alors mesurer l’ampleur du mal perpétré par les idéologues qui falsifient sciemment ces données.

À la lumière des faits signalés ci-dessus, il apparaît normal que l’Afrique, qui n’a pas vu naître l’Homme de Cro-Magnon et l’Homme de Chancelade, ignore leurs industries respectives : le Solutréen et le Magdalénien. Par contre, elle connaît une industrie de type aurignacien Égypte, Kenya, etc. dont l’âge devra être réexaminé à la lumière des nouvelles techniques de datation.

Mais comme on pouvait s’y attendre, l’anthropologie physique, utilisant les dernières acquisitions de la génétique, de la biologie moléculaire et de l’analyse linéaire, nie la race et n’admet que la réalité des populations : de la haute science fortement enrobée d’idéologie ! car dès qu’il s’agit de la transmission d’une tare héréditaire, de l’anémie falciforme en l’occurrence, la notion de race réapparaît : l’anémie falciforme ne frappe génétiquement parlant que les nègres dit la même science qui nie la race. S’agissant de la thalassémie, autre tare héréditaire qui frappe la race alpine ou blanche méditerranéenne, l’anthropologie physique s’exprimera par euphémisme : cette maladie n’atteint que les "habitants" du pourtour de la Méditerranée.

La race n’existe pas, est-ce à dire que rien ne me permet de me distinguer d’un Suédois et qu’un Zoulou peut aller démontrer à Vorster qu’ils ont le même stock génétique et que partant, au niveau du génotype, ils sont des jumeaux, même si accidentellement leurs deux phénotypes, c’est-à-dire leurs apparences physiques, sont différents ?

Certes, la dilution des gènes de l’espèce humaine au cours des temps préhistoriques est très importante, mais de là à nier la race au sens où elle intervient dans l’histoire et dans les relations sociales, c’est-à-dire au niveau du phénotype qui seul intéresse l’historien et le sociologue, il y a un pas que la vie quotidienne interdit de franchir.

Pourquoi une certaine anthropologie physique utilise-t-elle cette manière savante de noyer le poisson ? Lui répugne-t-elle de tirer rigoureusement toutes les conséquences de l’origine monogénétique de l’humanité et partant de prendre en considération le processus réel d’apparition des races ? Mais une certaine avant-garde occidentale commence déjà à répandre courageusement ces idées : et c’est un Américain blanc qui écrit : "I proceeded to explain that the first human beings were black and that light skinned people developed later, by natural selection, to survive in temperate climates ; it made us all feel much closer". "Je me mettais à expliquer que les premiers hommes étaient noirs et que les peuples de peau claire apparurent plus tard, par sélection naturelle, pour survivre en climats tempérés ; ceci nous rapproche".

Poterie décorée égyptienne période prédynastique Calebasse décorée afrique actuelle

L’industrie paléolithique étant attestée dans la vallée du Nil, il apparaît donc que celle-ci fut nécessairement peuplée uniquement de négroïdes depuis l’origine de l’humanité jusqu’à l’apparition des autres races - 20 000 ans à - 15 000 ans et nous verrons qu’à quelques infiltrations près, datant de la fin du IVe millénaire et plus sûrement du début du IIIe, les leucodermes étaient absents en Égypte et le resteront pratiquement jusqu’à - 1 300, époque des grandes invasions des Peuples de la mer sous la XIXe dynastie.

Culture de Nagada. Hiéraconpolis vers 3400 av. J.-C.

Le tableau générique des races représentées dans le tombeau de Ramsès III XIIe siècle avant J.-C. fig. 8 , montre que les Égyptiens se percevaient comme des nègres. En effet, l’artiste égyptien n’hésite pas à représenter le type génétique de l’Égyptien, le personnage a, par un nègre typique, un nubien ; LEPSIUS qui a fait ce relevé, s’étonne et écrit : "là où on s’attendait à voir un Égyptien, on nous représente un nègre authentique". Ceci ruine toutes les études tendancieuses des idéologues et montre que les Égyptiens n’établissaient aucune différence ethnique entre eux et les autres Africains ; il s’agissait du même univers ethnique et l’on pouvait mettre un nègre nubien à la place d’un nègre égyptien ; dans le même ordre d’idée, l’artiste égyptien pouvait mettre un blanc à la place d’un autre blanc, cela importait peu, d’où l’interversion des personnages b et d, tandis que leurs noms génériques restent à leurs places habituelles.

Tombeau de Ramsès III

Il apparaît ainsi que sur les fresques du même genre les Égyptiens ont voulu représenter les ethnies de l’époque tout en respectant une loi de composition picturale : un nègre, un blanc, un nègre, un blanc. Donc, ce que les idéologues appellent les erreurs ou les imperfections de cette figure 8 sont pour nous les éléments les plus instructifs.

Le pharaon Mentouhotep I - Moyen Empire, XIe dynastie vers 2100 av. J.-C.

Il n’est pas possible de mentionner, dans un texte de vulgarisation comme celui-ci, toutes les preuves que nous avons fournies pour étayer l’origine nègre des anciens Égyptiens ; contentons-nous donc de citer quelques paragraphes du rapport du colloque du Caire : on sait que celui-ci fut organisé par l’UNESCO, sur notre demande, pour débattre de l’origine des anciens Égyptiens et du déchiffrement de l’écriture méroïtique. Le troisième préalable que nous avions proposé, concernant la couverture aérienne de l’Afrique, est en cours de réalisation.

Tête de la momie de Toutankhamon - Nouvel Empire, XVIIIe dynastie vers -1335

C’était pour nous une occasion de faire progresser la recherche scientifique africaine tout en démontrant devant la communauté scientifique internationale que nous nous situons sur le terrain de la rigueur scientifique et non sur celui de l’idéologie. On peut répéter l’expérience du Caire tant que l’on voudra mais on ne pourra pas réunir un groupe de savants plus compétents que ceux qui avaient participé à ce colloque.

S’agissant des pourcentages ethniques imaginés par les idéologues, on lit :

"Le professeur Vercoutter est d’accord pour renoncer aux estimations en pourcentage qui ne signifient rien, aucun élément statistique indiscutable ne permettant de les fixer" p. 16 .

À propos de l’identité culturelle de l’Afrique et de l’Égypte, on note :

"Le professeur Vercoutter rappelle que, pour lui, l’Égypte est africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser" p. 17 .

"Le professeur Leclant, lui, reconnaît à l’Égypte ce même caractère africain dans son tempérament et dans sa manière de penser" p. 17 .

Concernant la parenté linguistique entre l’égyptien ancien et les langues africaines, il est écrit : "Sur ce point, à la différence des précédents, l’accord entre les participants s’est révélé large. Les éléments du rapport de Ch. A. Diop et du rapport de Th. Obenga ont été considérés comme très constructifs" p. 28 ."Plus largement, le professeur Sauneron souligne ... L’égyptien ne peut être isolé de son contexte africain et le sémitique ne rend pas compte de sa naissance, il est donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique" p. 29 .

La parenté avec les langues africaines est reconnue de façon plus explicite : "Le professeur Sauneron, après avoir noté l’intérêt de la méthode utilisée, puisque la parenté en ancien égyptien et en wolof des pronoms suffixes à la troisième personne du singulier ne peut être un accident, souhaite qu’un effort soit fait pour reconstituer une langue paléo-africaine à partir des langues actuelles" p. 29 .

Comparaison de la conjugaison du verbe "kef" en égyptien ancien, en copte et en valaf ou wolof langue actuelle parlée au Sénégal. "La parenté génétique de l'égyptien ancien et des langues de l'Afrique noire est un fait linguistique tangible."

Dans la conclusion générale il est écrit : "La très minutieuse préparation des interventions de Cheikh Anta Diop et Th. Obenga n’a pas eu une contrepartie toujours égale malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l’UNESCO. Il s’en est suivi un réel déséquilibre dans les discussions" p. 30 .

De même, on verra aux pages 34 et 35 que les propositions que nous avions faites relatives au déchiffrement du méroïtique ont été retenues comme pouvant conduire à un résultat intéressant.

Autel avec inscriptions méroïtiques

L’historiographie africaine a donc écrit une page mémorable au Colloque du Caire.

Les nouvelles humanités africaines devront reposer sur les fondements de la culture égypto-nubienne, de même que les humanités occidentales s’appuient sur la culture gréco-latine antique. Sans référence systématique à l’Égypte dans tous les domaines de la culture, il ne sera pas possible de bâtir un corps de sciences humaines : le spécialiste africain qui veut faire oeuvre scientifique n’a pas le choix, il ne peut pas se contenter de flirter avec les faits culturels égyptiens.

Il faudrait imaginer un théoricien occidental de science humaine qui essaierait de faire oeuvre scientifique tout en se coupant de la culture gréco-latine ; il ne serait qu’un niais ou un farceur.

Tous les aspects de la vie culturelle de l’Afrique noire renvoient à l’Égypte et c’est le manque d’initiation qui empêche de percevoir cela.

Les études linguistiques ne trouveront leur dimension historique que dans ce retour vers le foyer antique, ancestral. Les nouvelles écoles de littérature, de philosophie, d’architecture civile ou militaire, de musique, de sculpture, de peinture, etc. doivent en faire autant. Il s’agit de la redécouverte d’un soi culturel et non d’une imitation servile.

À partir de l’étude des instruments musicaux bien conservés, des rapports harmoniques des cordes, on a pu restituer, d’une façon relativement fidèle, la gamme musicale égyptienne. La musique orchestrale ainsi reproduite s’apparente évidemment à la musique africaine.

Orchestre sous la XVIIIe dynastie vers 1470 av. J.-C.

Même la technique sportive de la lutte pourrait être citée ou bien les mythes de notre histoire médiévale. En effet, la cérémonie de rajeunissement du pharaon jette une lumière crue sur les rites régénérateurs que Soundiata du Mali devait accomplir pour retrouver, sinon sur le plan physique apparent, du moins sur le plan ontologique, l’intégralité de sa force vitale pour être apte à régner dans un pays, une aire géographique où les infirmes, même les blessés de guerre, sont écartés du trône.

De même le Dieu bélier, crachant la foudre, représenté sur les fresques du Palais d’Abomey, renvoie nécessairement à la vallée du Nil malgré le caractère récent de cet art ; d’une manière ou d’une autre, une vieille tradition a été conservée et transmise, directement ou indirectement, de génération en génération.

On pourrait rapprocher les phrases parallèles si typiques de la poésie négro-africaine moderne de celles de la "stèle poétique" de Karnak relatant en vers, 800 ans avant Homère, les victoires de Thoutmosis III.

Dans le cadre de la réforme des programmes africains, l’enseignement de la philosophie grecque Platon, Épicure, Aristote... devrait être précédé par celui de la cosmogonie philosophie égyptienne pour mieux mettre en évidence le lien de filiation qui unit la première à la seconde.

L’enseignement du droit égyptien devrait primer l’étude du droit romain dans les programmes d’histoire du droit. Une théorie scientifique du droit africain partira nécessairement de l’étude du droit égypto-nubien.

Les religions monothéistes actuelles dérivent de la religion égyptienne : en particulier la figure du Christ est identifiable point par point à celle d’Osiris ; le mot Christ lui-même est une racine égyptienne passée en grec et appliquée tardivement à Jésus au IVe siècle voir p. 95 .

Le livre des morts vers 1300 av. J.C.

Il serait intéressant de susciter des recherches dans le domaine d’une esthétique expérimentale qui consisteraient à soumettre à l’analyse harmonique l’ensemble des différents styles de sculpture africaine. On verrait ainsi si l’art nigérian d’Ife, si réaliste, respecte la section d’or ou non.

Dans le même ordre d’idée, on étudierait ce que nous pourrions appeler la "loi d’écart" des différents styles expressionnistes africains. Autrement dit, la loi exprimée sous forme d’un rapport numérique, selon laquelle tel style s

30-35

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW 
Date:   20-09-2005 19:38


SOURCE http://www.ankhonline.com/nouvelle1.htm
Les Civilisations africaines

ÉVOLUTION DU MONDE NOIR DE LA PRÉHISTOIRE

À LA FIN DE L'ANTIQUITÉ

Cheikh Anta Diop

L'Antiquité africaine par l'image - IFAN/NEA, Dakar, 1976

Les recherches poursuivies en paléontologie humaine par feu le docteur LEAKEY, en particulier, ont permis de placer le berceau de l’humanité en Afrique orientale dans la région des Grands Lacs, autour de la vallée de l’Omo.

Deux conséquences, sur lesquelles on n’a pas mis l’accent jusqu’ici, découlent de cette découverte :

1 Une humanité née sous la latitude des Grands Lacs, presque sous l’Équateur, est nécessairement pigmentée et négroïde, d’après la loi de GLOGER qui veut que les animaux à sang chaud soient pigmentés en climat chaud et humide.

2 Toutes les autres races sont issues de la race noire par filiation plus ou moins directe, et les autres continents ont été peuplés à partir de l’Afrique, tant au stade de l’Homo "faber" qu’à celui de l’Homo sapiens, qui apparut il y a environ 150 000 ans : les théories antérieures qui faisaient venir les nègres d’ailleurs sont périmées.

Les premiers négroïdes qui allèrent peupler le reste du monde sortirent de l’Afrique par le détroit de Gibraltar, par l’isthme de Suez et peut-être aussi par la Sicile et l’Italie du Sud.

L’existence d’un art rupestre et pariétal africain du Paléolithique supérieur doit venir confirmer cette façon de voir.

Les gravures du Djebel Ouenat en Libye seraient du Paléolithique supérieur d’après l’abbé BREUIL. En Égypte, les plus anciennes gravures seraient du Paléolithique supérieur. En Éthiopie, près du site de Dire Daoua, les peintures de la caverne du Porc-Épic sont du même type que celles de l’Égypte et de la Libye. D’après LEAKEY, en Afrique orientale, l’art le plus ancien serait du Paléolithique supérieur. La présence du Stillbayen dans les districts riches en peintures rives ouest du lac Victoria, Eyassi, centre du Tanganyika , atteste l’ancienneté de celles-ci. Les couches archéologiques contiennent à plus de 5 m de profondeur des matières colorantes et des palettes de couleurs. Au Swaziland, les hommes du Paléolithique supérieur ont exploité une mine de fer il y a 40 000 ans pour extraire l’ocre rouge cf. Ch. A. DIOP, "L’apparition de l’Homo sapiens", Bulletin de l'IFAN, tome 32, sér. B, n° 3, 1970, p. 627 .

C’est l’avènement de la chronologie absolue, c’est-à-dire des méthodes radioactives de datation, en particulier celle du Potassium/Argon, qui permit à la science de réaliser ce progrès et de battre en brèche le dogmatisme qui régnait naguère dans ce domaine. En effet, les méthodes stratigraphiques ne permettaient pas de départager les savants. Ainsi on savait, quant au fond, que le premier habitant de l’Europe était un négroïde migrateur, l’Homme de Grimaldi. Mais une grave autorité, feu le savant français VAUFRAY, avait décrété que l’Afrique était à la traîne. Dès lors, les faits préhistoriques africains apparaissaient trop récents aux yeux des savants pour pouvoir expliquer ceux de l’Europe. Manifestement ni le Grimaldien ni l’Homme de Combe Capelle, tous deux négroïdes, ne sauraient être des indigènes de l’Europe ; cependant une difficulté chronologique, liée aux limites des méthodes stratigraphiques, ne permettait pas de les faire venir d’Afrique.

La différenciation raciale s’est effectuée en Europe, probablement dans la France méridionale et en Espagne, à la fin de la dernière glaciation würmienne entre - 40 000 ans et - 20 000 ans. Nous comprenons maintenant, à la lumière des faits précités, pourquoi le premier habitant de l’Europe fut d’abord le négroïde de Grimaldi, responsable de la première industrie lithique du Paléolithique supérieur européen, appelée industrie aurignacienne. Certains ont cru voir dans le Périgordien inférieur une industrie proprement européenne, antérieure à la précédente et dont le créateur serait le véritable indigène de l’Europe par opposition au négroïde grimaldien envahisseur ; il s’agit de l’Homme de Combe Capelle ; c’est oublier que ce dernier est un négroïde aussi typique que le Grimaldien lui-même et que les deux individus appartiennent bien au même type anthropologique ; c’est la raison pour laquelle, Périgordien inférieur et Aurignacien furent d’abord considérés comme formant une seule et même industrie. Il n’est pas possible d’exposer ici toutes les raisons qui ont conduit à faire ces distinctions tardives. Nous renvoyons à notre article cité ci-dessus.

Les négroïdes de Grimaldi ont laissé leurs innombrables traces sur toute l’étendue de l’Europe et de l’Asie, depuis la presqu’île Ibérique jusqu’au lac Baïkal en Sibérie, en passant par la France, l’Autriche, la Crimée, le bassin du Don, etc. ; dans ces deux dernières régions, feu le professeur soviétique GUERASSIMOV, un savant d’une rare objectivité, a identifié le type négroïde des crânes trouvés dans le Moustérien moyen. M. BOULE et H.V. VALLOIS insistent sur le fait que les couches de localisation des Grimaldiens sont toujours en contact direct avec celles du Moustérien où vécut le Néanderthalien finissant, autrement dit il n’y a pas une autre variété d’Homo sapiens qui serait un prédécesseur du Grimaldi en Europe et en Asie. Le type physique de cette première population européenne est représenté figure 3.

Tête et statuette aurignaciennes trouvées dans le sud de la France

Le premier leucoderme n’apparaîtra, si l'on en juge par la morphologie, que vers -20 000 ans environ : c’est l’Homme de Cro-Magnon ; il est probablement le résultat d’une mutation du négroïde grimaldien durant une existence de 20 000 ans sous ce climat excessivement froid de l’Europe de la fin de la dernière glaciation.

Les Basques, qui vivent aujourd’hui dans la région franco-cantabrique où naquit le Cro-Magnon seraient bien ses descendants ; en tout cas, ceux-ci sont nombreux dans le midi de la France.

L’Homme de Chancelade, qui serait le prototype du jaune, apparaît à l’âge du renne, il y a environ 15 000 ans, au Magdalénien ; serait-il un métis des deux stocks du Grimaldien finissant en Europe et du nouveau Cro-Magnon, sous un climat froid ?

Ainsi l’humanité a pris naissance en Afrique et se serait différenciée en plusieurs races en Europe où le climat était suffisamment contrasté à la fin de la glaciation würmienne.

Si l’humanité avait pris naissance en Europe, elle aurait été d’abord leucoderme pour se négrifier ensuite sous l’Équateur, par l’apparition d’un écran de mélanine au niveau de l’épiderme protégeant l’organisme contre les ultraviolets.

Donc, point de jugement de valeur ; il n'y a aucune gloire particulière à tirer de l’emplacement du berceau de l’humanité en Afrique car ce n’est qu’un fait du hasard ; si les conditions physiques de la planète eussent été autres, l’origine de l’humanité eût été différente.

Ainsi, l’intérêt de cet exposé réside uniquement dans la nécessité de connaître, avec le plus de rigueur scientifique possible, le déroulement des faits relatifs au passé humain pour restituer à ceux-ci tout leur sens et aussi pour dégager les fondements mêmes de la science et de la civilisation.

On peut alors mesurer l’ampleur du mal perpétré par les idéologues qui falsifient sciemment ces données.

À la lumière des faits signalés ci-dessus, il apparaît normal que l’Afrique, qui n’a pas vu naître l’Homme de Cro-Magnon et l’Homme de Chancelade, ignore leurs industries respectives : le Solutréen et le Magdalénien. Par contre, elle connaît une industrie de type aurignacien Égypte, Kenya, etc. dont l’âge devra être réexaminé à la lumière des nouvelles techniques de datation.

Mais comme on pouvait s’y attendre, l’anthropologie physique, utilisant les dernières acquisitions de la génétique, de la biologie moléculaire et de l’analyse linéaire, nie la race et n’admet que la réalité des populations : de la haute science fortement enrobée d’idéologie ! car dès qu’il s’agit de la transmission d’une tare héréditaire, de l’anémie falciforme en l’occurrence, la notion de race réapparaît : l’anémie falciforme ne frappe génétiquement parlant que les nègres dit la même science qui nie la race. S’agissant de la thalassémie, autre tare héréditaire qui frappe la race alpine ou blanche méditerranéenne, l’anthropologie physique s’exprimera par euphémisme : cette maladie n’atteint que les "habitants" du pourtour de la Méditerranée.

La race n’existe pas, est-ce à dire que rien ne me permet de me distinguer d’un Suédois et qu’un Zoulou peut aller démontrer à Vorster qu’ils ont le même stock génétique et que partant, au niveau du génotype, ils sont des jumeaux, même si accidentellement leurs deux phénotypes, c’est-à-dire leurs apparences physiques, sont différents ?

Certes, la dilution des gènes de l’espèce humaine au cours des temps préhistoriques est très importante, mais de là à nier la race au sens où elle intervient dans l’histoire et dans les relations sociales, c’est-à-dire au niveau du phénotype qui seul intéresse l’historien et le sociologue, il y a un pas que la vie quotidienne interdit de franchir.

Pourquoi une certaine anthropologie physique utilise-t-elle cette manière savante de noyer le poisson ? Lui répugne-t-elle de tirer rigoureusement toutes les conséquences de l’origine monogénétique de l’humanité et partant de prendre en considération le processus réel d’apparition des races ? Mais une certaine avant-garde occidentale commence déjà à répandre courageusement ces idées : et c’est un Américain blanc qui écrit : "I proceeded to explain that the first human beings were black and that light skinned people developed later, by natural selection, to survive in temperate climates ; it made us all feel much closer". "Je me mettais à expliquer que les premiers hommes étaient noirs et que les peuples de peau claire apparurent plus tard, par sélection naturelle, pour survivre en climats tempérés ; ceci nous rapproche".

Poterie décorée égyptienne période prédynastique Calebasse décorée afrique actuelle

L’industrie paléolithique étant attestée dans la vallée du Nil, il apparaît donc que celle-ci fut nécessairement peuplée uniquement de négroïdes depuis l’origine de l’humanité jusqu’à l’apparition des autres races - 20 000 ans à - 15 000 ans et nous verrons qu’à quelques infiltrations près, datant de la fin du IVe millénaire et plus sûrement du début du IIIe, les leucodermes étaient absents en Égypte et le resteront pratiquement jusqu’à - 1 300, époque des grandes invasions des Peuples de la mer sous la XIXe dynastie.

Culture de Nagada. Hiéraconpolis vers 3400 av. J.-C.

Le tableau générique des races représentées dans le tombeau de Ramsès III XIIe siècle avant J.-C. fig. 8 , montre que les Égyptiens se percevaient comme des nègres. En effet, l’artiste égyptien n’hésite pas à représenter le type génétique de l’Égyptien, le personnage a, par un nègre typique, un nubien ; LEPSIUS qui a fait ce relevé, s’étonne et écrit : "là où on s’attendait à voir un Égyptien, on nous représente un nègre authentique". Ceci ruine toutes les études tendancieuses des idéologues et montre que les Égyptiens n’établissaient aucune différence ethnique entre eux et les autres Africains ; il s’agissait du même univers ethnique et l’on pouvait mettre un nègre nubien à la place d’un nègre égyptien ; dans le même ordre d’idée, l’artiste égyptien pouvait mettre un blanc à la place d’un autre blanc, cela importait peu, d’où l’interversion des personnages b et d, tandis que leurs noms génériques restent à leurs places habituelles.

Tombeau de Ramsès III

Il apparaît ainsi que sur les fresques du même genre les Égyptiens ont voulu représenter les ethnies de l’époque tout en respectant une loi de composition picturale : un nègre, un blanc, un nègre, un blanc. Donc, ce que les idéologues appellent les erreurs ou les imperfections de cette figure 8 sont pour nous les éléments les plus instructifs.

Le pharaon Mentouhotep I - Moyen Empire, XIe dynastie vers 2100 av. J.-C.

Il n’est pas possible de mentionner, dans un texte de vulgarisation comme celui-ci, toutes les preuves que nous avons fournies pour étayer l’origine nègre des anciens Égyptiens ; contentons-nous donc de citer quelques paragraphes du rapport du colloque du Caire : on sait que celui-ci fut organisé par l’UNESCO, sur notre demande, pour débattre de l’origine des anciens Égyptiens et du déchiffrement de l’écriture méroïtique. Le troisième préalable que nous avions proposé, concernant la couverture aérienne de l’Afrique, est en cours de réalisation.

Tête de la momie de Toutankhamon - Nouvel Empire, XVIIIe dynastie vers -1335

C’était pour nous une occasion de faire progresser la recherche scientifique africaine tout en démontrant devant la communauté scientifique internationale que nous nous situons sur le terrain de la rigueur scientifique et non sur celui de l’idéologie. On peut répéter l’expérience du Caire tant que l’on voudra mais on ne pourra pas réunir un groupe de savants plus compétents que ceux qui avaient participé à ce colloque.

S’agissant des pourcentages ethniques imaginés par les idéologues, on lit :

"Le professeur Vercoutter est d’accord pour renoncer aux estimations en pourcentage qui ne signifient rien, aucun élément statistique indiscutable ne permettant de les fixer" p. 16 .

À propos de l’identité culturelle de l’Afrique et de l’Égypte, on note :

"Le professeur Vercoutter rappelle que, pour lui, l’Égypte est africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser" p. 17 .

"Le professeur Leclant, lui, reconnaît à l’Égypte ce même caractère africain dans son tempérament et dans sa manière de penser" p. 17 .

Concernant la parenté linguistique entre l’égyptien ancien et les langues africaines, il est écrit : "Sur ce point, à la différence des précédents, l’accord entre les participants s’est révélé large. Les éléments du rapport de Ch. A. Diop et du rapport de Th. Obenga ont été considérés comme très constructifs" p. 28 ."Plus largement, le professeur Sauneron souligne ... L’égyptien ne peut être isolé de son contexte africain et le sémitique ne rend pas compte de sa naissance, il est donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique" p. 29 .

La parenté avec les langues africaines est reconnue de façon plus explicite : "Le professeur Sauneron, après avoir noté l’intérêt de la méthode utilisée, puisque la parenté en ancien égyptien et en wolof des pronoms suffixes à la troisième personne du singulier ne peut être un accident, souhaite qu’un effort soit fait pour reconstituer une langue paléo-africaine à partir des langues actuelles" p. 29 .

Comparaison de la conjugaison du verbe "kef" en égyptien ancien, en copte et en valaf ou wolof langue actuelle parlée au Sénégal. "La parenté génétique de l'égyptien ancien et des langues de l'Afrique noire est un fait linguistique tangible."

Dans la conclusion générale il est écrit : "La très minutieuse préparation des interventions de Cheikh Anta Diop et Th. Obenga n’a pas eu une contrepartie toujours égale malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l’UNESCO. Il s’en est suivi un réel déséquilibre dans les discussions" p. 30 .

De même, on verra aux pages 34 et 35 que les propositions que nous avions faites relatives au déchiffrement du méroïtique ont été retenues comme pouvant conduire à un résultat intéressant.

Autel avec inscriptions méroïtiques

L’historiographie africaine a donc écrit une page mémorable au Colloque du Caire.

Les nouvelles humanités africaines devront reposer sur les fondements de la culture égypto-nubienne, de même que les humanités occidentales s’appuient sur la culture gréco-latine antique. Sans référence systématique à l’Égypte dans tous les domaines de la culture, il ne sera pas possible de bâtir un corps de sciences humaines : le spécialiste africain qui veut faire oeuvre scientifique n’a pas le choix, il ne peut pas se contenter de flirter avec les faits culturels égyptiens.

Il faudrait imaginer un théoricien occidental de science humaine qui essaierait de faire oeuvre scientifique tout en se coupant de la culture gréco-latine ; il ne serait qu’un niais ou un farceur.

Tous les aspects de la vie culturelle de l’Afrique noire renvoient à l’Égypte et c’est le manque d’initiation qui empêche de percevoir cela.

Les études linguistiques ne trouveront leur dimension historique que dans ce retour vers le foyer antique, ancestral. Les nouvelles écoles de littérature, de philosophie, d’architecture civile ou militaire, de musique, de sculpture, de peinture, etc. doivent en faire autant. Il s’agit de la redécouverte d’un soi culturel et non d’une imitation servile.

À partir de l’étude des instruments musicaux bien conservés, des rapports harmoniques des cordes, on a pu restituer, d’une façon relativement fidèle, la gamme musicale égyptienne. La musique orchestrale ainsi reproduite s’apparente évidemment à la musique africaine.

Orchestre sous la XVIIIe dynastie vers 1470 av. J.-C.

Même la technique sportive de la lutte pourrait être citée ou bien les mythes de notre histoire médiévale. En effet, la cérémonie de rajeunissement du pharaon jette une lumière crue sur les rites régénérateurs que Soundiata du Mali devait accomplir pour retrouver, sinon sur le plan physique apparent, du moins sur le plan ontologique, l’intégralité de sa force vitale pour être apte à régner dans un pays, une aire géographique où les infirmes, même les blessés de guerre, sont écartés du trône.

De même le Dieu bélier, crachant la foudre, représenté sur les fresques du Palais d’Abomey, renvoie nécessairement à la vallée du Nil malgré le caractère récent de cet art ; d’une manière ou d’une autre, une vieille tradition a été conservée et transmise, directement ou indirectement, de génération en génération.

On pourrait rapprocher les phrases parallèles si typiques de la poésie négro-africaine moderne de celles de la "stèle poétique" de Karnak relatant en vers, 800 ans avant Homère, les victoires de Thoutmosis III.

Dans le cadre de la réforme des programmes africains, l’enseignement de la philosophie grecque Platon, Épicure, Aristote... devrait être précédé par celui de la cosmogonie philosophie égyptienne pour mieux mettre en évidence le lien de filiation qui unit la première à la seconde.

L’enseignement du droit égyptien devrait primer l’étude du droit romain dans les programmes d’histoire du droit. Une théorie scientifique du droit africain partira nécessairement de l’étude du droit égypto-nubien.

Les religions monothéistes actuelles dérivent de la religion égyptienne : en particulier la figure du Christ est identifiable point par point à celle d’Osiris ; le mot Christ lui-même est une racine égyptienne passée en grec et appliquée tardivement à Jésus au IVe siècle voir p. 95 .

Le livre des morts vers 1300 av. J.C.

Il serait intéressant de susciter des recherches dans le domaine d’une esthétique expérimentale qui consisteraient à soumettre à l’analyse harmonique l’ensemble des différents styles de sculpture africaine. On verrait ainsi si l’art nigérian d’Ife, si réaliste, respecte la section d’or ou non.

Dans le même ordre d’idée, on étudierait ce que nous pourrions appeler la "loi d’écart" des différents styles expressionnistes africains. Autrement dit, la loi exprimée sous forme d’un rapport numérique, selon laquelle tel style s’écarte délibérément et invariablement de la section d’or ; ce rapport mathématique abstrait correspondrait toujours à une invention plastique, un mode d’expression sur le plan du rendu des formes.

En effet, la section d’or n’est qu’une valeur moyenne, celle qui correspond au naturalisme le plus parfait, au rythme de développement de la nature, qu’il s’agisse de la croissance des plantes ou du rythme d’espacement et de réduction des spirales d’un coquillage. Elle traduit donc les proportions a priori ni trop massives ni trop filiformes. Mais il serait intéressant d’étudier la signification plastique des autres rapports encadrant celui du nombre d’or et de voir comment ils sont souvent utilisés inconsciemment par les différentes écoles expressionnistes du monde entier.

Il serait en particulier instructif d’analyser sous cet angle un masque expressionniste Dan et un masque d’une bobine Gouro. Peut-être trouverait-on des valeurs encadrant le nombre d’or 1,618 ou 0,618.

La section d’or est attestée sur de nombreux monuments égyptiens, en particulier sur ceux de l’Ancien Empire à Karnak, à Gizeh, etc.

Par conséquent, il serait indiqué de reprendre la définition du canon plastique égyptien fournie par CAPART, à la lumière de ces nouvelles données pour voir si celle-ci ne se ramènerait pas au canon de la "divine proportion".

Quoi qu’il en soit, l’exposé ci-dessus invite à réécrire l’histoire universelle en y rendant au noir le rôle primordial qu’il a effectivement assumé dans l’édification de la Civilisation.

Premières attestations de l'écriture hiéroglyphique égyptienne, la plus ancienne du monde connue à ce jour Abydos, vers 3250-3400 av. J.-C.

Papyrus Rhind : Mathématiques. Papyrus rédigé par le Scribe Ahmès vers 1650 av. J.-C.

30-35

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW 
Date:   20-09-2005 19:45

SOURCE AFRIKARA.COM

Cheikh Anta Diop [1923-1986] Savant et Inventeur de la Nouvelle Histoire Universelle
15/12/2004

Eminent héritier spirituel des très anciennes traditions intellectuelles africaines, Cheikh Anta Diop, savant africain du Sénégal, précoce et visionnaire est décédé le 07 février 1986, laissant une œuvre immense dont la lame révolutionnaire aura rétabli l’antériorité des civilisations africaines, faisant de l’Afrique le berceau de l’humanité, et de l’Egypte la civilisation africaine par excellence.

On imagine peu et mal l’apport de Cheikh Anta Diop à la connaissance universelle, l’érudition qu’il a dû produire pour parvenir à se hisser, lui l’Africain né dans le premier quart du siècle dernier, au niveau que les plus brillants esprits de la planète et de sa discipline lui enviait. Car de l’érudition il en aura fallu pour renverser plusieurs siècles de révisionnisme, d’ouvrages, de programmes de recherches, de chaires universitaires, d’opinions aprioriques unidirectionnels, relatant l’histoire africaine et universelle, dans le but de faire apparaître l’Europe comme seul sujet historique. La conséquence a été également un décalage énorme entre Anta Diop et les élites africaines du 20ème siècle, et on peut affirmer que le savant sénégalais avait au moins un siècle d’avance sur son temps qu’il a totalement dominé intellectuellement.

S’attaquant aux grandes questions de civilisation, arènes des pontes et sommités occidentales jalouses de leurs auréoles et de leur empire, Cheikh Anta Diop va vite représenter un danger pour l’eurocentrisme conscient ou induit. Les spécialistes européens de l’Afrique -africanistes- en tête mais les politiques guère loin, c’est un front opaque de la négation qui accueillit dans l’ensemble les travaux de Diop, car c’est un édifice en bloc solide concourant à l’aliénation et donc à une forme de légitimation de la domination qui vacillait sous le feu de la rupture scientifique dans la représentation de l’Afrique.

Seul contre tous, armé de science et de convictions inébranlables, Diop remonte à contre-sens le courant de la longue marche de l’homo sapiens sapiens, premier homme deux fois sage, dont il confirme et conforte le bassin primitif négro-africain. La vie entière du savant sera consacrée à la science, à l’Afrique, au projet de bâtir un corps d’élite de sciences au profit d’une politique continentale éclairée et de ranimer le passé sur une période allant au moins de l’Egypte pharaonique à l’Afrique pré-coloniale. Cette orientation qui se voulait une contribution à l’avènement d’un état unitaire en Afrique s’avérerait féconde à plus d’un titre, se soldant par un changement de repère, de paradigme dans la lecture des faits d’histoire et de civilisation africains. Le Blanc cessait d’être le commencement du Noir, quand le Noir assumait la position d’origine de l’aventure du genre humain.

La thèse la plus populaire d’Anta Diop se révèle être le faisceau de preuves mobilisées pour démontrer l’évidence de l’appartenance de la civilisation égyptienne à l’Afrique et vice versa, la Nubie précédant d‘ailleurs l’Egypte dans sa geste. Les témoignages des Anciens grecs, Aristote, Diodore de Sicile, Hérodote contemporains des Egyptiens sont des matériaux précieux intégrés à sa méthodologie. S’ajouteront à cet arsenal des arguments d’ordre linguistiques, culturels, anthropologiques…

Les origines de l’humanité interpellent le savant au premier chef, soucieux qu’il est de suivre la trace la plus lointaine des Africains et du genre humain sur terre. La perspective de ses travaux sans cesse confortée jusqu’à ce jour l’amène à la conclusion que les premiers homo sapiens étaient noirs africains, que les autres homo sapiens blancs et jaunes sont issus de l’ancêtre noir par un processus de différenciation des phénotypes.

Chaque démonstration achève de déconstruire l’édifice eurocentrique, bouillie de préjugés religieux et d’anthropologie physique raciste, ses analyses sur l’évolution des sociétés et des différentes formes d’état permettent de caractériser l’état égyptien, son mode de production relativement à l’évolution des populations septentrionales -Europe.

Un moment fort de la production intellectuelle de Cheikh Anta Diop réside dans l’étude de la contribution africaine à l’universel dans les domaines de l’art, de l’architecture, de l’habillement, de l’écriture, des sciences, de la philosophie… Cet apport s’est diffusé aux autres aires culturelles et géographiques -pourtour méditerranéen- jusqu’en Europe, l’Afrique n’apparaissant plus comme le parent pauvre de l’humanité, récepteur et consommateur stérile des contributions des autres. Les premières écritures -hiéroglyphiques, vaï, mende, bamoun,...- sont historiquement attestées en Afrique, pour les hiéroglyphes tout au moins, inventions autochtones et exportations ultérieures vers l’espace méditerranéen.

Un tel apport à l’histoire universelle ne pouvait faire l’économie d’innovations méthodologiques indispensables. Pour Anta Diop, c’est de rupture épistémologique qu’il faudrait parler, c’est à dire d’une modification radicale du sens de lecture, d’appréhension et de compréhension de l’histoire africaine. L’interdisciplinarité est convoquée afin de réintroduire l’Afrique dans le temps historique dont Hegel l’avait expulsée et subvertir les émiettements ethnologiques dans le paradigme robuste de l’unité culturelle à partir duquel l’Afrique est désormais objectivée.

La pensée d’Anta Diop, par sa vision et son tranchant, en avance sur son siècle condamnait le penseur à une existence hors institutions pour l’essentiel, ce qui ne le desservirait qu’à court terme. Paradoxalement, la position marginale du savant pour scandaleuse qu’elle fut, y compris dans son propre pays sous la présidence de Senghor notamment où il ne disposa pas de chaire universitaire, lui a évité de laisser parasiter ses thématiques de recherches par des questions adultérines à sa vision. On imagine que dans un pré carré français par excellence, au cours des années 60, un chercheur sénégalais appartenant aux appareils d’état n’aurait pas pu librement développer les thèses de falsification de l’histoire africaine, prôner la recherche nucléaire militaire et civile en Afrique, avancer le primat de l’intégration régionale au sein d’une Afrique unitaire alors que l’indépendance toute fraîche quoique formelle suscitait tous les fantasmes nationalistes.

La fécondité de l’œuvre intellectuelle diopienne est aujourd’hui au stade d’une lente mais irréversible diffusion mondiale, évoluant sur le modèle d’une contagion virale thérapeutique prenant petit à petit en tenaille l’espace public africain et singulièrement les institutions bientôt cernées. En Afrique, aux Etats-Unis, dans les Caraïbes, en Europe, la théorie de Cheikh Anta Diop fait des adeptes et, mieux, de nouveaux chercheurs, souvent indépendants qui tentent de se structurer malgré les rationnements dont ils expérimentent le parti. En Afrique l’intérêt pour les hiéroglyphes croît de façon étonnante et les jeunes se débrouillent pour se fabriquer des itinéraires d’apprentissage entre quelques notions passagères, des cours par-ci par-là, des ouvrages de vulgarisation…

Il est probable que 18 ans après sa disparition, l’œuvre du professeur Anta Diop, qui a triomphé des résistances et réticences des Africains et Afro-descendants, passé le cap d’un face à face avec les africanistes eurocentristes, constitue une alternative extrêmement prometteuse à la Renaissance Africaine en attente d’un terrain d’expérimentation. Elle est un indispensable supplément d’âme à la continuité panafricaine, reliant dans un référent positif tous les Africains et Afro-descendants dont le destin solidaire et commun peut enfin être ré-envisagé, sous une forme ou sous une autre, mais jouissant d’une véritable assise scientifique, psychologique, motivationnelle.


* Lire les œuvres de Cheikh Anta Diop : Nations Nègres et Cultures 1954 , L’Unité Culturelle de l’Afrique noire 1960 , L’Afrique Noire précoloniale 1960 , Civilisation ou Barbarie 1981 , aux Editions Présence Africaine, 25 bis, rue des Ecoles, 75 005 Paris


Akam Akamayong

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW 
Date:   20-09-2005 19:46

SOURCE AFRIKARA.COM
Cinquantenaire de Nations Nègres et Culture, de Cheikh Anta Diop, Le Livre qui change l’Histoire
20/12/2004

Retour sur un livre majeur, écrit par l'un des plus grands scientifiques que l'Afrique ait connus

Par Ze Belinga afrikara.com

Nations nègres et culture, œuvre culte du savant, historien et philosophe de l’histoire Cheikh Anta Diop est aujourd’hui cinquantenaire, parue en 1954 grâce à la
maison d’éditions africaine parisienne Présence africaine. Par la portée de son questionnement, l’ambition de «Renaissance africaine» au
seuil duquel elle porte le débat, cette œuvre a passé le temps et est devenue un incontournable des œuvres intellectuelles négro-africaines et universelles.

Lorsque Aimé Césaire dans son célèbre Discours sur le colonialisme fait de Nations nègres et culture « le livre le plus audacieux qu’un nègre ait jamais écrit», il voit dans cette œuvre une puissance intemporelle de l’esprit. Nations nègres est une puissance scientifique qui explore et développe des thématiques majeures que la recherche scientifique éprouvée a depuis lors corroborée : l’origine africaine de l’Homme, l’antériorité des civilisations africaines industries, arts, organisations, écriture… , l’appartenance de l’Egypte antique à l’Afrique noire, les grandes migrations et la formation des ethnies africaines...

La dimension universelle de Nations nègres, œuvre-programme de la pensée diopienne est affirmée dans la démonstration de la contribution africaine à l’évolution des civilisations humaines dans les domaines des mathématiques, de la médecine, des lettres, de la philosophie, de l’architecture, de l’astronomie, etc. La réflexion de Cheikh Anta Diop est consciente de son caractère révolutionnaire et attaque les préjugés et l’idéologie dominante, l’eurocentrisme et la pensée raciste rationalisée depuis Gobineau et les anthropologues africanistes européens.


Pour Césaire, « le livre le plus audacieux qu’un nègre ait jamais écrit»
© AFP


La philosophie de Hegel est au centre de cette construction de la domination civilisationnelle blanche qui exclut l’Afrique en totalité du mouvement de l’histoire humaine.
Après Nations nègres, cette conception tombera de son piédestal intellectuel et sera l’objet d’une constante et plus ou moins pudique déconstruction, voire radicale une mise au rebut. Pour autant bien des survivances des idéologies n’ayant vu l’Afrique que sous le prisme des esprits prélogiques, pré-newtoniens, primitifs, des mystico-religieux impropres au rapport au rationnel, demeurent.
Pis, cette conception a été inculquée aux Africains qui ne s’en sont pas complètement départis.

Nations Nègres et Culture traduit le dessein que l’auteur assigne à l’histoire, aux sciences sociales et à la réflexion des Africains: produire une érudition, bâtir un corps d’humanités classiques d’élites au service de la Renaissance africaine, en vue d’une indépendance portée vers un état
fédéral africain. Ce projet qui constitue le fil directeur de l’investissement du savant, interpellé par la marche du genre humain, l’amène à rechercher les continuités historiques reliant l’Afrique antique à l’Afrique coloniale. Ce faisant il exhume une histoire africaine et une interprétation du passé qui transforment et subvertissent la vision héritée des préjugés colonialistes africanistes.
L’Afrique cesse d’être le parent pauvre de l’histoire, de la civilisation, de la science, de l’abstraction, de l’innovation sociale, organisationnelle.
On s’y trouve désormais tant dans la compagnie attestée, fort flatteuse mais loin d’être mythologique, des pharaons bâtisseurs des pyramides, des grands empires du Ghana, du Mali, de Zimbabwe, que des industries pionnières des premières heures du genre humain.

Cheik Anta Diop

Le patrimoine africain ainsi expurgé de la chape de plomb des énoncés dévalorisants, qui tentaient de légitimer l’expropriation des peuples
africains soumis à l’agression impérialiste occidentale, prend désormais une attractivité extrêmement mobilisatrice. Nations nègres
sera réapproprié avec un mouvement d’excitation collective et de passion communicative que peu d’ouvrages, de réflexions, d’œuvres
intellectuelles négro-africaines pourraient revendiquer. C’est que l’écriture diopienne est celle de la conscience historique et de sa restauration, elle démonte, démontre en même temps qu’elle interpelle, elle génère un double effet de connaissance et d’action.

Embrassant l’Afrique précoloniale jusqu’aux civilisations antiques d’Egypte, d’Ethiopie, de Nubie, de Zimbabwe,… Nations nègres rapproche tout le substrat négro-africain du continent africain. C’est ainsi que les Afrodescendants des Caraïbes et des Amériques ont, à la suite des travaux de Cheikh Anta Diop et d’autres, réinvesti le champ de l’histoire et de leurs origines africaines. Les travaux du savant ont contribué dans leurs effets notables à résoudre les tensions collectives liées à la frustration culturelle générée par les traumatismes négriers, esclavagistes, coloniaux et post-coloniaux.

Il est probablement unique que les recherches d’un universitaire africain, marginalisé par les institutions dominantes même en Afrique évoluant
dans un contexte à la limite de l’hostilité, aient pu s’imposer sur plusieurs continents, Afrique, Amérique, Europe, suscitant une recomposition intellectuelle et identitaire révolutionnaire.

La question de l’Egypte nègre est d’une actualité brûlante auprès des Africains et Descendants d’Afrique qui se réapproprient progressivement, souvent à l’écart des grandes écoles et centre universitaires, les savoirs pharaoniques. On ne compte plus les revues égyptologiques, conférences, colloques, initiations au hiéroglyphique qui se développent en Afrique, aux Etats-Unis, en Europe. L’impact de Nations nègres et de la philosophie diopiste aura réussit en partie à retourner ce que des siècles de déportation avaient fait passer pour irréversible: la séparation et l’éparpillement physique et mental des Africains et des Afrodescendants. La révolution antadiopienne a fécondé la révolution afrocentrique, favorisant un recentrage psychologique et intellectuel des Africains et Afrodescendants sur l’Afrique, ses valeurs, sa culture, avec une base anthropologique scientifique et un questionnement philosophique rigoureux.
Toute une économie de l’édition, du multimédia, une offre scolaire et universitaire, est désormais en passe de s’épanouir sur les fondements
de Nations nègres et des autres publications du savant africain. Il en est ainsi des cursus universitaires «African studies» aux Etats-Unis qui délivrent des Ph.D, y compris en spécialité «Diopian Analysis».
Une industrie didactique et culturelle peut aujourd’hui s’ancrer dans l’espace économique et culturel mondial, à partir de la source
diopienne.

Un style de vie tend trouver une solide confortation du fait de l’influence de la revalorisation, de la restauration historique. Les textiles africains, les œuvres d’arts et d’artisanats, les cosmétiques «black» ou «kemit» et l’esthétique égyptienne, alimentent les événements comme des défilés de mode, foires commerciales et manifestations culturelles, c'est-à-dire l’ensemble des activités quisoutiennent ces manifestations en amont.

En plus de la confirmation empirique des recherches et orientations de Cheikh Anta Diop, sa pensée a révolutionné le regard des chercheurs et du profane sur l’histoire du continent africain et sur son devenir. Plébiscité avec W.E.B. DuBois lors du premier Festival mondial des Arts nègres en 1966 à Dakar comme «l’auteur qui a exercé sur le XXè siècle, l’influence la plus féconde», le savant trouve une notoriété de plus en plus socialisée au cours des 50 années suivant son opus culte. Bien que sa démarche ne s’y réduise pas loin s’en faut, la réappropriation de la civilisation égyptienne, dans toute sa splendeur culture nègre et mélanoderme, n’est pas pour rien dans la popularité de Nations nègres. L’humain de souche africaine puise désormais à une source fraîche et intarissable une matière à se reconstruire, à reconstruire le monde, avec une exigence de vérité scientifique et une obligation de résultats sans concessions. Il envisage son rapport à l’autre déchargé et décomplexé des lourdeurs idéologiques, qui n’auraient fait de l’heureuse et inévitable rencontre humaine, que le discours stérile du même au même.

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: doc 
Date:   07-10-2005 15:10

Merci beaucoup Djibril pour tout ce que vous nous apportez.
L'Afrique a besoin de ses fils comme vous pour se redresser.
Encore MERCI......

30-35

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: Coco 
Date:   08-10-2005 06:38

oui, merci beaucoup

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: DJIBRIL CHIMERE DIAW 
Date:   09-10-2005 11:45

Merci à vous aussi doc et Coco .

30-35

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: Diek Tank 
Date:   14-02-2008 15:49

je suis pas tombee pas hasard sur ce forum et j'avoue que je suis tres contente pour deux raisons
La premiere est que meme si le sujet traité date de plus de deux ans jai eu du plaisir à le parcourir car on celebrait l'anniversaire de sa mort ... et cela m'a permis de comprendre beaucoup de choses Merci
La deuxieme est que je crois reconnaitre a travers cette plume un ami de longue date ...
si c'est le cas Chimere cet exposé venant de toi ne m'etonne je faisais partie de tes eleves et tu expliquais bien!
Si je me suis trompée Chapeu Monsieur Diaw ! l'exposé est exaltant !
Merci

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: Diek Tank 
Date:   14-02-2008 15:50

je suis tombee pas hasard sur ce forum et j'avoue que je suis tres contente pour deux raisons
La premiere est que meme si le sujet traité date de plus de deux ans jai eu du plaisir à le parcourir car on celebrait l'anniversaire de sa mort ... et cela m'a permis de comprendre beaucoup de choses Merci
La deuxieme est que je crois reconnaitre a travers cette plume un ami de longue date ...
si c'est le cas Chimere cet exposé venant de toi ne m'etonne je faisais partie de tes eleves et tu expliquais bien!
Si je me suis trompée Chapeu Monsieur Diaw ! l'exposé est exaltant !
Merci

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 Re: CHEIKH ANTA DIOP
Auteur: Diek Tank 
Date:   14-02-2008 15:51

je suis tombee pas hasard sur ce forum et j'avoue que je suis tres contente pour deux raisons
La premiere est que meme si le sujet traité date de plus de deux ans jai eu du plaisir à le parcourir car on celebrait l'anniversaire de la mort de ce Grand Monsieur ... et cela m'a permis de comprendre beaucoup de choses Merci
La deuxieme est que je crois reconnaitre a travers cette plume un ami de longue date ...
si c'est le cas Chimere cet exposé venant de toi ne m'etonne je faisais partie de tes eleves et tu expliquais bien!
Si je me suis trompée Chapeau Monsieur Diaw ! l'exposé est exaltant !
Merci

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