Airain Du latin aes, aeris « même sens ». A partir du XIIe siècle, d’après le Larousse étymologique, le terme bronze remplaça au sens propre celui d’airain qui, lui, continue à être utilisé en poésie et en littérature. L’âge d’airain (ou de bronze*) est le troisième âge de la création d’après la mythologie gréco-latine. L’Antiquité attribuait à cet alliage – composé de cuivre, d’argent, et d’étain – le pouvoir de purifier des souillures. Ainsi des objets de culte de certains mystères étaient en bronze : clochettes, vases … Les cloches des églises catholiques sont, elles aussi coulées dans cet alliage, à l’exclusion de tout autre.
Albert le Grand Né en 1193 au Lausingen dans une noble et riche famille de Souabe, au bord du Danube, Albert était le fils cadet du compte de Bolstaedt. Il entra tôt dans les ordres et devint dominicain. Esprit curieux, il s’intéressa à la philosophie, la médecine, la théologie, la mathématique, l’alchimie*, la minéralogie, la botanique. Dans l’un de ses traités sur les minéraux De mineralibus, il décrivit les procédés de distillation* et de sublimation*. Il constata qu’il existait des affinités chimiques entre certains corps. Sa vision de l’alchimiste* fut celle d’un expérimentateur qui, par ses procédés, ne faisait que renforcer ou développer l’action de la nature.
En 1245, il partit pour Paris afin d’y obtenir le titre de magister (maître) et enseigner. Ses vastes connaissances considérer comme le plus grand savant de son époque, et il fut surnommer le docteur universel. Son enseignement était si prisé, si recherché que bientôt aucune salle ne fut assez grande pour y accueillir tous ses étudiants. Maître Albert alla donc enseigner en plein air sur une petite place du Ve arrondissement de Paris, laquelle lui fut dédiée et porte son nom aujourd’hui : place Maubert (contraction de maître Albert).
Ce qu’il enseignait à ses élèves était basé sur les Saintes écritures, les textes d’Aristote et d’Avicenne, la théorie laissant peu de place à l’expérimentation ; en cela, il fut critiqué par Roger Bacon, l’un de ses anciens élèves. Décédé en 1280, il fut canonisé en 1931 par le pape Pie IX, et l’église catholique le considéra depuis lors comme le saint patron des scientifiques. Des ouvrages anonymes de recettes et procédés magiques circulèrent à partir du XIVe siècle sous les titres de Petit Albert*, bénéficiant de la réputation du dominicain. Ces ouvrages, que l’on se passait sous le manteau et que les sorciers* des campagnes d’autrefois conservaient jalousement, sont aujourd’hui réédités et se trouvent chez les libraires spécialisés.
Albus Nom latin de la figure de géomancie* dite « le blanc » en français, « la blancheur » en arabe. Cette figure évoque la pureté, la froideur, la sérénité, l’élévation spirituelle, le mysticisme, le calme, l’apaisement, le calme et la mort.
Alcaest ou Alkaest En alchimie*, désigne l’agent solvant universel qui peut réduire à la forme liquide n’importe quel corps, aussi bien minéral, animal que végétal. On le désigne également sous l’appellation de menstrue universelle. Paracelse* le mentionna le premier : « tous ceux qui s’appliquent à la médecine doivent savoir préparer l’acaest. » Diverses substances furent envisagées comme étant cet alcatest, tel l’alcali minéral ou potasse dont l’étymologie latine alkali est pourrait être une justification. Cette recherche fut abandonnée vers le milieu du XVIIIe siècle et l’on n’en trouva plus trace dans les recherches alchimiques. Kunchel, dans Laboratorium chymicum, avait (finement ?) Formulé l’idée qu’un dissolvant universel dissoudrait la matière même de l’œuf philosophique* qui le contenait. .. ! Alchimie Science traditionnelle que ses adeptes* élevaient au rang de l’art. L’alchimie, comme l’astrologie*, dérive de la magie* traditionnelle pratiquée par toutes les anciennes civilisations, qu’il s’agisse de la Chine, du Pérou, de l’Egypte, de l’Inde, du Mexique ou de la Mésopotamie.
En alchimie, la dégradation de la matière*, sa purification étaient les bases mêmes du cheminement initiatique, non pas pour qu’un métal vil se transmutât en or mais pour que, parallèlement à sa recherche en laboratoire, « l’enfant de l’art », « le fils de la science* » accédât aux clés de la compréhension de l’univers. Le Grand Œuvre*devenait alors la réalisation de l’homme. Et la matière dont s’exprimèrent les philosophes* confirme bien qu’ils ne définissaient pas uniquement un corps matériel : « la pierre philosophale* donne le détachement de ce monde…
L’alchimie est une véritable ascèse initiatique, et c’est bien pour cette raison que l’on distingue l’or – le métal – de l’or des philosophes*. Cette alchimie que l’on pourrait nommer spirituelle puisqu’il s’agit d’une alchimie intérieure visant à la réalisation donc en dehors de la voie chrétienne. Le Moyen Age poursuivit d’ailleurs ces recherches à la quête de leur or mystique, et bon nombre d’entre eux périrent soumis à la torture. Aussi Nicolas Flamel* qui réalisa plusieurs fois la transmutation* de la pierre parfaite, cacha-t-il soigneusement ses travaux, le roi Charles … ayant fait détruire tous les laboratoires. Pour se mettre à l’abri des poursuites et des persécutions, les alchimistes* s’entourèrent de mystères, et l’hermétisme* fut une de ces précautions pour sauvegarder leurs travaux et transmettre les chefs de la Connaissance à ceux qui sauraient la découvrir. Ces textes hermétiques ne Alchimie
Science traditionnelle que ses adeptes* élevaient au rang de l’art. L’alchimie, comme l’astrologie*, dérive de la magie* traditionnelle pratiquée par toutes les anciennes civilisations, qu’il s’agisse de la Chine, du Pérou, de l’Egypte, de l’Inde, du Mexique ou de la Mésopotamie.
En alchimie, la dégradation de la matière*, sa purification étaient les bases mêmes du cheminement initiatique, non pas pour qu’un métal vil se transmutât en or mais pour que, parallèlement à sa recherche en laboratoire, « l’enfant de l’art », « le fils de la science* » accédât aux clés de la compréhension de l’univers. Le Grand Œuvre*devenait alors la réalisation de l’homme. Et la matière dont s’exprimèrent les philosophes* confirme bien qu’ils ne définissaient pas uniquement un corps matériel : « la pierre philosophale* donne le détachement de ce monde…
L’alchimie est une véritable ascèse initiatique, et c’est bien pour cette raison que l’on distingue l’or – le métal – de l’or des philosophes*. Cette alchimie que l’on pourrait nommer spirituelle puisqu’il s’agit d’une alchimie intérieure visant à la réalisation donc en dehors de la voie chrétienne. Le Moyen Age poursuivit d’ailleurs ces recherches à la quête de leur or mystique, et bon nombre d’entre eux périrent soumis à la torture. Aussi Nicolas Flamel* qui réalisa plusieurs fois la transmutation* de la pierre parfaite, cacha-t-il soigneusement ses travaux, le roi Charles … ayant fait détruire tous les laboratoires. Pour se mettre à l’abri des poursuites et des persécutions, les alchimistes* s’entourèrent de mystères, et l’hermétisme* fut une de ces précautions pour sauvegarder leurs travaux et transmettre les chefs de la Connaissance à ceux qui sauraient la découvrir. Ces textes hermétiques ne firent pourtant qu’aggraver le discrédit pesant sur l’alchimie dans l’imagerie populaire. Et si François 1er dont la salamandre* alchimique des « faiseurs d’or », des charlatans purent se dissimuler sous l’alibi de l’alchimie. Ces vulgaires aventuriers souvent doublés d’escroc, s’en donnèrent à cœur joie pour se moquer et berner un public crédule.
Alors qu’à la fin du XVIIIe siècle le grand chimiste Lavoisier jeta le discrédit scientifique qui avait pesé l’alchimie fit qu’elle demeura secrète et les philosophes oeuvrèrent incognito. C’est à cette époque que furent réédités de nombreux ouvrages hermétiques* qui suscitèrent de nouvelles vocations. Souvent solitaire ou travaillant en petit groupe – un maître entouré de quelques disciples – l’alchimiste du XIXe siècle dans le silence.
Au XX e siècle Fulcanelli*, le plus grand adepte aux yeux des hermétistes contemporains et le plus énigmatique aussi (qui se cachait derrière ce pseudonyme ?), publia deux ouvrages clés :
- En 1926, le mystère des cathédrales et l’interprétation ésotérique des symboles hermétiques du Grand Œuvre ;
- en 1930, les Demeures philosophales
Pour Eugène Canseliet*, notre grand alchimiste et hermétiste, qui fut son unique disciple, l’alchimiste, s’il veut accéder à sa réalisation spirituelle doit le faire en réalisant auparavant la pierre philosophale.
Alchimiste L’alchimie* est le noble art des philosophes* des « fils de la science » comme ils se nommaient eux-même. Ils rédigèrent de nombreux ouvrages pour décrire leur quête, leur ascèse, leurs travaux en laboratoires et les règles qu’il fallait impérativement respecter. Les voici résumés par Albert le Grand* dans De Alchimia.
« L’alchimiste sera discret et silencieux, il ne révèlera à personne le résultat de ses opérations ; « il choisira le temps et les heures de son travail » ; « il sera patient, assidu et persévérant ; il exécutera, d’après les règles de l’art, la trituration, la sublimation*, la fixation*, la calcination, la solution, la distillation et la coagulation* » ;
Il ne se servira que de vaisseaux* de verre ou de poterie vernissée ; il sera assez riche pour faire la dépense qu’exigent ses opérations ; « il évitera enfin d’avoir aucun rapport avec les princes et les seigneurs. .. »
Cette première consigne de silence se retrouve dans de nombreux ouvrages alchimiques. Il ne fallait pas profaner une réalisation aussi précieuse que le Grand Œuvre*, et dont la divulgation pouvait bouleverser une société cupide.
« Cache ce livre dans ton sein et ne le mets point entre les mains des impies, car il renferme le secret de tous les philosophes. Il ne faut pas jeter cette perle aux pourceaux car c’est un don de Dieu », écrivit Arnaud de Villeneuve, alchimiste du XIIIe siècle. Cette peur de la divulgation du secret aux non-initiés explique l’étrangeté des termes, le choix des allégories*, et l’obscurité des textes alchimiques et leurs titres énigmatiques tel : l’Entrée ouverte au palais fermé du roi de Philalèthe* pour ne citer que celui-là, et la condamnation de celui qui ne saurait se taire.
« Tout vient de Dieu et doit y retourner, tu conserveras donc pour lui seul un secret qui n’appartient qu’à lui. Si tu faisais connaître par quelques paroles légères ce qui a exigé de si longues années de soins, tu seras damné pour cette offense à la majesté divine », écrivait Raymond Lulle.
Alectryomancie Mancie* d’origine grecque utilisant les aptitudes divinatoires que les Anciens prêtaient au coq*. Afin d’en tirer des présages*, les prêtres traçaient sur le sol une figure géométrique (le plus souvent carrée), compartimentée en vingt quatre cases, ils traçaient une lettre de l’alphabet et y déposaient un grain de céréale. Le coq, placé au centre de la figure, picorait des grains, désignant ainsi des lettres que les prêtres combinaient en mots formant la sentence. Voir aussi Augures.
Aleuromancie Du grec Aleuron, farine et manteia, divination. Divination* par la farine qui était répandue sur le sol et dot on interprétait les figures qu’elle formait ainsi que la forme des éclaboussures pour en tirer des présages*. La crithomancie* est une pratique analogue recourant à l’orgre.
Allégorie Du grec allêgoria issu de agoreueîn « parler » et allos « autre ». L’allégorie – ou façon de parler autrement, comme l’indique son étymologie – désigne une manière imagée de s’exprimer : un squelette armé d’une faux est une allégorie de la mort. Il faut distinguer l’allégorie du mythe*, qui résulte de la personnification d’une idée ou d’une pensée et possède toujours un sens religieux. Il faut également distinguer l’allégorie du symbole* dont l’origine serait issue de la tradition* et qui offre une interprétation : le cercle*, par exemple, est un symbole.