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Dictionnaire ésotérique
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Anathème
Du grec anathêma, offrande votive. Dans l’Antiquité grecque, l’anathème était une offrande religieuse que l’on déposait dans les temples. Le sens de ce terme dériva ensuite en chose exécrée ou exposée à l’exécration publique, puis en chose maudite et enfin en malédiction. Mages* et devins* utilisaient différents anathèmes pour dénoncer les malfaiteurs ou les malfaisants. L’anathème de l’Eglise catholique est une malédiction qui interdit la communion à la personne « frappé d’anathème » en l’excommuniant.

Androïdes
Terme regroupant des êtres d’apparence humaine, mais d’origine artificielle, tels les automates, golems*, homuncules ou robots, qui participaient, pensait-on, magiquement de l’essence humaine.

Ane
Dans l’Antiquité, l’âne était l’emblème du courage. N’était-ce pas avec une mâchoire d’âne que Samson avait combattu victorieusement les philistins ? Dit la Bible : « avec une mâchoire d’âne, j’ai tué mille hommes ; avec une mâchoire d’âne, un monceau, deux monceaux. » Les Daces partaient combattue avec pour enseigne, une tête d’âne. Les Grecs l’offraient en sacrifice à Priape ; quant aux Egyptiens ils considéraient l’âne comme le symbole du dieu du Mal, Typhon. Les romains avaient conservé cette vision négative de l’animal, et sa vue était considérée comme présage* néfaste. La mythologie* gréco-latine punit la stupidité de Midas en le dotant d’oreilles d’âne. « Le Dieu de Délos ne peut supporter que ces oreilles stupides gardent forme humaine ; il les allonge, les remplit de poils grisâtres, les rend, à la base, peu stables et les dote de mobilité. Tout le reste du corps est d’un homme. Le châtiment n’atteint Midas qu’en un seul point ; il est pourvu des oreilles de l’âne au pas lent. » Ovide, les métamorphoses. Cet étirement des oreilles est symbolique de l’involution* d’un être. De nombreux démons mythologiques portent ainsi des oreilles d’âne. Dans le Tarot* l’Arcane XV, celle du Diable, montre attachés au socle deux êtres pourvus d’oreilles d’âne et pour punir les petits écoliers on recourait autrefois au bonnet d’âne. Ambivalence* du symbole de l’âne têtu et sot qui s’oppose à celui dont le rôle est sacré : « le bœuf connaît son seigneur, et l’âne la crèche de son maître ». L’âne réchauffa de son haleine Jésus nouveau-né couché dans la paille. Pour fuir en Egypte, Marie monta sur une ânesse tenant l’enfant dans ses bras. Et c’est sur son ânon que Jésus fit son entrée dans Jérusalem. « Or, ceci arriva enfin que s’accomplit ce qui devait être annoncé par le prophète. Dites à la fille de Sion : voici ton roi vient à toi, plein de douceur et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. »

Anémomancie
Du grec anemos, vent. Divination* par les vents : les peuples antiques se servant de tous les éléments naturels comme supports mantiques*, les vents dont l’origine était supposée divine, leur servirent à interpréter le mouvement de choses légères pour en tirer des présages*. Voir Aéroscopie et Aéromancie.

Antakharana
C’est ainsi que l’on désigne en Orient le « pont de lumière » que l’homme crée lui-même, grâce à son âme*, entre les aspects inférieurs et supérieurs de son mental. Ce lien entre les différents étages est un « arc-en-ciel » composé de sept* rayons cosmiques exprimés par les couleurs du prisme solaire.

Aphitomancie
Procédé divinatoire* utilisant un pain d’orge pour condamner ou disculper une personne soupçonnée. Ce pain confectionné avec de la farine d’orge et cuit selon un certain rituel, était présenté au présumé coupable : si ce dernier pouvait absorber ses bouchées sans problème, il était déclaré innocent et si, en revanche, il s’étranglait ou ne pouvait avaler sa bouchée, il était déclaré coupable.

Apotélesmatique
Du grec apolesmatiké. Les grecs dénommaient ainsi la science des influences sidérales. Cette science faisait la renommée des Chaldéens qui, dans leur astronomie théologique, avaient recensé les influences des corps célestes sur les invidus. Les étoiles et les planètes* y étaient toutes divinisées. Les Chaldéens y associaient, en outre certains phénomènes météorologiques renforçant ainsi la notion d’influence bénéfique ou contraire des astres. En d’autres termes l’apotélesmatique est l’astrologie*. Plus tard le terme « Chaldéen » devint synonyme de tireur d’horoscope* et de nombreux charlatans, diseurs de bonne aventure, ne possédant pas leur science se parèrent cependant de ce titre.

Apotropaïon
Du grec apotropein, écarter dans l’Antiquité une image ou un objet apotropaïque* c’est-à-dire doté du pouvoir magique de détourner les démons* et de les écarter.

Aptropaïque
Qualifie un rituel ou un procédé destiné à détourner les démons* ou les mauvais esprits. D’ordre religieux ou magique, la cérémonie apotropaïque faisait appel à des invocations*, des incantations* et des conjurations*. Les objets, les images, les poudres apotropaïques furent utilisées de tout temps par tous les peuples. Voir aussi Apotropaïon.

Arbre de vie
Symbole de la connaissance, l’arbre de vie est présent dans l’Ancien Testament. L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toutes espèces, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal… Et ses fruits sont interdits sous peine d’en mourir. Mais le serpent tentateur dit à Eve « Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » Ce symbole de l’Arbre de la science dont les fruits sont la représentation de cette connaissance accessible à l’homme se retrouve dans de nombreux mythes* et religions. Chez les Sumériens, l’arbre de vie est le symbole d’Ishtar, déesse de la Fertilité. On le retrouve gravé sur les murs du palais de Persépolis, en figurine d’or dans les tombes royales d’Ur où un bélier se dresse pour atteindre ses fruits. Sur les sceaux* et les cylindres-sceaux, il est gravé encadré par des licornes* affrontées. Dans l’Egypte ancienne, on le retrouve sur les fresques de tombes royales et ses fruits, qui confèrent aux dieux l’immortalité, sont gardés par des animaux symboliques et allégoriques. Dans la Mythologie* gréco-latine, ce symbole se retrouve dans le jardin des Hespérides avec des pommes d’or dont Hercule (Héraklés) s’emparera. Représentation symbolique du savoir, l’arbre cosmique* peut également être une vision du monde. Au verger de la connaissance mystique des kabbalistes*, s’élève aussi l’arbre des six Séphiroth*, les dix nombres primordiaux qui, avec les vingt-deux lettres fondamentales, ont permis à Dieu de créer le monde et l’univers, et qui constitue les trente-deux voies mystérieuses de la sagesse.



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