Fabre d’Olivet Antoine (1768 - 1825)
Antoine Fabre d’Olivet naquit dans le Languedoc le 08 décembre 1768 à Ganges, village de l’Hérault. Sa famille, de confession protestante, fut ruinée par la révolution. Le jeune Antoine étudia le latin, le grec, l’hébreu, l’arabe et la musique et son imagination romanesque s’abreuva aux œuvres des auteurs illuminés et aux grands textes classiques grecs. Il découvrit l’œuvre de Pythagore et celle de Court de Gébelin*, qui l’enthousiasmèrent.
Sa vie professionnelle fut agitée et complexe : il exerça d’abord le métier de libraire à Paris, puis occupa un poste au ministère de la Guerre en 1799. compromis dans une sorte de complot, il fut révoqué puis, rentré dans les grâces du Premier consul, il retrouva ses fonctions au ministère un an plus tard. Son talent musical était tel qu’il composa l’oratorio qui fut joué lors du sacre de l’empereur en décembre 1804.
En 1805, il épousa une jeune fille qui lui donna trois enfants et qui devint son médium*. Avec elle, il se livra à des expériences de spiritisme faisant parler les morts, fit des recherches sur le magnétisme* et l’alchimie*, soigna également les malades qui venaient le voir. Il acquit ainsi une certaine notoriété de guérisseur mais sa femme, effrayées des expériences spirites et de la voie diabolique dans laquelle s’engageait Fabre d’Olivet, en fit part à son confesseur. Pour le salut de son âme, elle quitta son époux et la séparation de corps fut prononcée en 1853. Fabre d’Olivet ressentit cet abandon comme une trahison et sombra dans le désespoir mais, au plus profond de sa détresse morale, il rencontra Madame Faure qui deviendra sa nouvelle inspiratrice, sa deuxième égérie.
Au cours des années qui suivirent, ce magicien* donna libre cours à son inspiration, créa selon ses idées sa propre théurgie* (dont une partie nous parviendra dans la Théodoxie universelle), éleva des autels païens et y célébra ses propres rituels ; ce qui déchaîna l’enthousiasme de ses disciples mais lui attira les foudres de l’Eglise.
Son œuvre littéraire, capitale inspirera toute la littérature occultiste du XIXe siècle. Il établira une nouvelle traduction des Vers d’or de Pythagore et, passionné de Kabbale*, il conclura que la magie*, à l’instar des autres sciences, faisait partie de l’harmonie universelle.
Il reprendra à son compte la théorie des correspondances* qu’avait si bien dégagée Court de Gébelin. Dans la Langue hébraïque restituée, véritable monument il étudiera les signes et le langage et tentera de prouver, à son tour l’idée déjà développée par Court de Gébelin que l’hébreu était la langue mère originelle. Il avancera également une lecture de la Genèse. En 1825 alors qu’il était seul au pied de son autel, il s’écroula, foudroyé. Différentes versions de cette mort subite coururent : attaque d’apoplexie, sacrifice… Pour ses proches disciples, le maître mourut foudroyé par une puissance invisible.
Farfadets Nom donné par les légendes aux feux follets*, en qui les superstitieux croyaient reconnaître de malins petits génies ou l’âme* des morts. Fascination Dans l’Antiquité, on attribuait le pouvoir de fascination aux gorgones et aux serpents*. Le diable* fut à son tour, investi de ce pouvoir. La fascination est un charme* opéré par l’œil* - l’œil qui fascine et hypnotise sa victime – ou un charme de l’œil, le sujet charmé ne voit plus la réalité telle qu’elle est. La croyance au « mauvais œil » découle de la fascination.
Fatalité Du latin fatalitas. Qualifie le fait de ne pouvoir échapper à son destin* : les Anciens croyaient en la toute-puissance de la fatalité, et leur destin leur semblait inexorablement tracé (par les trois Moires pour les Grecs, les trois Parques pour les Romains, les trois Nornes pour les Celtes…).
Fermentation Sens alchimique : La fermentation alchimique qualifie les réactions se produisant au sein de l’athanor* lors de l’élaboration de la pierre philosophale*. La matière première* est comparée par les alchimistes* à celle de la pâte à pain et, le ferment* utilisé, au levain du boulanger.
Fétiche Du portugais fetisso, chose enchantée, dérivé de faticeira, le fétiche peut être rattaché à la racine fatum au sens de sort. Comme l’amulette*, le fétiche possède une valeur protectrice passive, sorte de bouclier contre les influences néfastes. Ainsi en Grèce, une effigie de Gorgone – créature mythologique dont la terrible apparence changeait en pierre tous ceux qui osaient la regarder – avait une valeur de fétiche … elle était censée écarter le mauvais sort par sa laideur extrême.
Voir aussi Amulette, charme, phylactère, Talisman.
Feu L’un des quatre* éléments* constituants de base de la nature.
Sens occulte : Selon la mythologie, le feu du ciel fut dérobé aux dieux par Prométhée qui commit ce geste par amour des hommes. Vénéré par de nombreuses civilisations qui voyaient en lui l’incarnation de la dynamique universelle et de la puissance, le feu purificateur joua un rôle essentiel dans les jugements dits de Dieu* : pour se laver de tout soupçon, l’accusé devait plonger sa main dans un chaudron rempli de braises et seule la main innocente, ou présumée telle, ressortait intacte de toute brûlure.
Le Moyen Age et l’Inquisition recoururent également aux bûchers pour que le feu purifie les âmes des hérétiques ou des sorciers. Certains peuples orientaux pratiquent la marche sur un chemin tapissé de charbons ardents.
La plante des pieds des marcheurs qui se sont purifiés et préparés psychologiquement à cette épreuve ne subit aucune brûlure. En magie*, le feu est considéré comme le lieu privilégié des salamandres*, nom donné aux êtres élémentaires y résidant.
Sens alchimique : Comme les autres éléments, le feu est considéré non pas comme un corps mais comme un état ou une qualité de la matière*. Il joue, par ailleurs, un rôle prépondérant dans l’élaboration du Grand Œuvre : « Parce que tout l’ouvrage consiste dans la séparation des quatre éléments* de la pierre*, il est nécessaire qu’il s’y trouve autant de degrés de feu qu’il y à d’éléments, car chacun s’obtient grâce à un degré de feu qui lui est propre ». Jean d’Espagnet* détaillait ainsi la maîtrise du feu hermétique.
Quant au feu secret, le fameux feu des Sages, il désigne le sel philosophique*, le « seul agent qui peut ouvrir, sublimer, purifier et disposer la matière*… », comme le confiait Limojon de Saint-Didier* dans sa Lettre aux vrais disciples d’Hermès.
Feu des sages Voir Feu. Feu follet L’imagerie populaire nomme feux follets les vapeurs bleuâtres qui dansent au-dessus des marais. Ces lumières vagabondes résultent, en fait, d’un gaz issu de la décomposition des corps organiques immergés dans ces marécages. Il peut se produire le même type de phénomène dans les cimetières mais beaucoup plus rarement. La superstition a vu dans ces phénomènes de combustion spontanée, des esprits malins voulant se jouer des voyageurs égarés dans les marais, des âmes* échappés du purgatoire, ou encore les âmes des morts errant au-dessus de leur sépulture Fiat lux Que la lumière soit… sont les premiers mots, en latin du premier livre imprimé par Gutenberg, La Bible.