Hantise parfumée Nom donné au phénomène d’émanations putrides et nauséabondes, d’origine surnaturelle.
Haruspices ou Aruspices Prêtres étrusques et romains dont l’art divinatoire* était basé sur l’examen d’animaux sacrifiés afin d’en tirer des présages*. Leur science, l’haruspicine*, regroupait l’hépatoscopie* et l’extispiscine*.
Les haruspices observaient tout d’abord l’animal avant le sacrifice, puis les entrailles de la bête sacrifiée (taille, aspect, couleur), la hauteur et l’aspect des flammes qui se dégageaient ensuite des chairs que l’on faisait brûler et enfin, l’eau, l’encens, la farine et le vin utilisés pendant les sacrifices. Tout était indication pour le devin, de la réticence de l’animal, à son agonie et à tous les détails, anomalies ou incidents survenants pendant le sacrifice comme un couteau tombant à terre ou une viscère échappant de la mains de l’haruspice…
Cette science faisant couler le sang était de nature à créer une vive réaction émotionnelle déclenchant les phénomènes de voyance* ou de divination* intuitive. Nombre d’événements furent prédits pendant des siècles par les haruspices et les augures* romains et confirmés par l’Histoire.
Haruspicine Du latin Aruspicina. Art de la divination* par les entrailles d’animaux sacrifiés qui, selon le type d’organe examiné, comprenait deux parties : l’hépatoscopie*, et l’extispicine*.
L’hépastoscopie, d’origine babylonienne, fut pratiquée par les prêtres chaldéens, grecs, et romains. Elle ne prenait en compte que le foie, organe noble et siège des émotions aux yeux des peuples de la haute Antiquité. L’extispicine fut un art essentiellement étrusque, pratiquée ensuite par les prêtres romains. Elle utilisait les entrailles (ou exta), à savoir le cœur, l’estomac, les poumons, la rate et les reins.
Pratiquée pendant des siècles dans l’empire romain, l’haruspicine – qui avait été une véritable institution – fut condamnée, ainsi que tous les autres sacrifices du culte hellénique, le 27 février 391. voir Hématomancie.
Hématomancie Du grec haima, haimatos, sang. Divination* par le sang. Cette mancie* fut pratiquée par les Chaldéens, les Grecs et les Etrusques qui interprétaient les dessins que les formait le sang d’un animal sacrifié sur le sol ou sur un linge. Chez les anciens, comme le rapporte Strabon dans sa géographie, elle était combinée à l’haruspicine* et pouvait être combinée à l’haruspicine* et pouvait être pratiquée sur des êtres humains. Des prêtresses, vêtues de blanc, prédisaient l’issue des campagnes militaires en interprétant la façon dont s’écoulait le sang de prisonniers que l’on égorgeait au-dessus d’un chaudron. Les cadavres des victimes sacrifiés étaient découpés et leurs entrailles examinées.
En l’an 391, le 27 février, une loi édictée à Rome condamna tout sacrifice Cod. Theod. XVI : « que personne ne souille par des sacrifices, n’immole d’innocentes victimes, ne pénètre dans les temples, ne défende les simulacres faits par les hommes, de peur de devenir coupable aux yeux de la loi divine humaine. » Malgré la répression effectuée avec rigueur, on cite l’exemple des habitants de Pergame, assiégés en 717 par les Sarrasins, qui ouvrirent le ventre d’une femme enceinte de l’enfant qu’elle portait pour s’y livrer à la divination des pratiques magiques.
Ce procédé divinatoire est encore pratiqué de nos jours avec le sang de volaille ou de lapin. Dérivant de l’hématomancie*, citons à titre de curiosité la traumatomancie, d’origine turque, qui tirait des présages* de l’aspect des blessures reçues.
Hépatoscopie Mancie* consistant à tirer des présages* de l’examen de foies d’animaux sacrifiés. Dans la haute Antiquité, le foie était considéré comme l’organe noble par excellence, où siégeaient toutes les émotions et les sentiments. Dès l’époque de Sumer, les haruspices* babyloniens, les bârû, pratiquaient l’hépatoscopie sur le foie des moutons : le prêtre n’était que l’interprète de la volonté divine, le foie un indice pour l’interprétation et c’est le dieu qui s’exprimait par intermédiaire du foie.
Chez les Etrusques, le foie fut considéré comme une sorte de réduction du cosmos* où s’inscrivait la volonté des dieux. Un foie de bronze étrusque, trouvé à Plaisance, montre inscrits sur une face les noms de la Lune et du Soleil. Sur l’autre face apparaît un quadrillage fermé où sont marqués les noms de quarante dieux. L’haruspice pouvait ainsi interpréter une anomalie et, en fonction de sa localisation, indiquer le nom de la divinité qui envoyaient le présage ainsi que le motif.
Chez les romains, la science des Haruspices – l’Aruspicina – englobait l’hépatoscopie* et l’extispicine*.
Hermaphrodite Sens alchimique : « Vous remarquez donc que la matière philosophique*, ou le mercure des philosophes*, est une véritable semence, laquelle bien qu’homogène en sa substance, ne laisse pas d’être une double nature ; c’est-à-dire qu’elle participe également de la nature du soufre*, et de celle du mercure* métallique, intimement en inséparablement unis, dont l’un tient lieu de mâle, l’autre de femelle : c’est pourquoi les philosophes* l’appellent hermaphrodite, c’est-à-dire douée des deux sexes ; en sorte que sans qu’il soit besoin d’y mélanger d’aucune autre chose, elle suffite seule pour produire l’enfant philosophique dont la famille peut être multipliée à l’infini ; (…) » Triomphe hermétique.
Ce texte explicite parfaitement la nature ambivalente de la matière première qui donnera naissance à l’enfant philosophique, autrement dit l’or* alchimique.
Sens occulte : On pourrait faire un parallèle entre les l’hermaphrodite alchimique, qui recèle tout en lui-même, et l’Arcane I du Tarot*, le Bateleur*.
Le Bateleur est le seul personnage qui répartisse, de façon égale sur ses vêtements, les couleurs rouge et bleu : symboliquement mi-actif mi-passif, il est mi-masculin et mi-féminin. Il porte par ailleurs, dans sa baguette* symbolique évoquant le sexe masculin et, dans sa main droite, une sphère symbole* féminin. C’est un androgyne recelant les potentialités des deux sexes.
Hermès Dieu ailé de la mythologie* grecque, c’est aussi le Mercure des Romains, dont l’attribut principal était le caducée*. Messager des dieux, il conduisait aussi les âmes des défunts – idolon – aux Enfers*.
Hermès Trismégiste Sens occulte : Nom signifiant Hermès trois fois très grand et que les Grecs donnaient au dieu égyptien Thot, le Thot-Hermès des occultistes.
Sens alchimique : Nom que les alchimistes* donnaient au dieu qui créa l’art de l’alchimie et rédigea la célèbre Table d’émeraude*. D’après les historiens cet écrit hermétique, base de tant de spéculations ésotériques*, serait plus vraisemblablement dû à des philosophes grecs anonymes.
Hermétisme Ce terme, dérivant du nom d’Hermès*, désigne l’ensemble des doctrines secrètes des alchimistes*. Hermite (L’)
Neuvième Arcane majeur* du Tarot*, cette lame représente un personnage âgé, de profil et regardant dans la même direction que la Papesse*, s’éclairant d’une lanterne.
L’Hermite évoque un vieux sage retiré du monde, continuant sa quête de la Connaissance ; s’en dégageant des impressions d’isolement, de spiritualité, d’intériorisation. Ce personnage de l’Hermite offre un visage serein, à la chevelure chair* qui nous indique que son enseignement est humain. Il est vêtu d’une longue robe rouge* pratiquement recouverte d’une cape bleue*. Les couleurs nous montrent que ce personnage est extérieurement passif et son activité intérieure. Le niveau de l’action agissante est son esprit : la capuche est rouge et terminée d’un gland or. Son bras qui élève une lanterne sourde révèle une doublure intérieure jaune* : l’Hermite est un initié. Sa lampe sourde est jaune, couleur de la spiritualité, mais la lumière émise est rouge, sa spiritualité est donc agissante. L’Hermite est un exemple. Il enseigne au petit nombre qui peut l’approcher.
Certains détails frappent : la main qui élève la lanterne tient son pouce à l’intérieur de la paume, celle-ci dessinant des hanches féminines ou la terre Y. Une bande blanche souligne le bras droit à l’intérieur de la cape, sa recherche de la connaissance serait guidée par une force instinctive universelle… Le bâton* est inutile, il ne touche pas le sol, l’Hermite n’a pas besoin de s’y appuyer. Ce bâton évoque le serpent* de Moïse, la Kundalini* : il nous indique alors le moyen de son action, qui est humain (couleur chair). Serait-ce la maîtrise de sa Kundalini ?
Le vieil homme est le symbole de l’initié* qui progresse grâce à ses études et l’emploi de moyens naturels. La graphie du chiffre neuf*, placé au-dessus de la lame, nous confirme ce cheminement positif et à la graphie classique du chiffre romain IX, a été substituée une graphie propre au Tarot : VIIII. Symboliquement, le Tarot nous enseigne ainsi que toute progression se fait par additions successives : (VIIII = 5 + 4) et non par retranchement (IX = 10 – 1). Cette particularité se retrouve d’ailleurs sur les lames IIII (l’Empereur*), XIIII (la Tempérance*), et XVIIII (le Soleil*).
Traditionnellement, on associe à l’Hermite la neuvième Séphirah* de la Kabbale* Yesod, le Fondement, et la lettre hébraïque* Teth. Cette lame est à rapprocher de celle du Mat* : tous deux portent un bâton mais vont dans un sens éclaire son chemin tandis que l’autre cherche…
Lors du tirage, cette lame incarne celui qui sait son chemin, la voie qui lui convient, la personne âgée. La lame inversée est signe de solitude.